L’universitaire et sociologue Nacer Djabi devait intervenir, hier dimanche à l’université Hadj-Lakhdar de Batna, dans le cadre d’une conférence autour de son livre

« Les mouvements amazighs en Afrique du Nord », publié aux Editions Chihab. Cette intervention académique n’a, cependant, pas eu lieu sans que l’on connaisse les raisons de cette déprogrammation qui a étonné les milieux universitaires et intellectuels de la ville. Cependant, tout indique que Nacer Djabi a été interdit de parole dans cette enceinte universitaire et que les responsables de l’université Hadj-Lakhdar ont agi sur instruction. De qui ? La question n’a pas manqué de susciter la controverse chez les Batnéens concernés, avant qu’elle ne prenne une dimension nationale, d’autant que le sociologue n’a pas eu de difficulté de présenter la veille, samedi, son ouvrage au théâtre de la ville. Dans une déclaration à la presse, le sociologue, qui a précisé avoir été invité à Batna par l’association culturelle Tamazgha, sous les auspices du Haut-commissariat à l’amazighité (HCA), a indiqué que la séance de présentation et de débat au théâtre s’est
« déroulée le plus normalement du monde ». En attendant d’avoir davantage d’éclaircissements sur cette triste affaire, Nacer Djabi a précisé sur sa page Facebook qu’au moment de commencer sa conférence, après l’intervention de deux autres universitaires, le vice-recteur de l’université s’est adressé à lui pour dire que son intervention ne peut pas avoir lieu, et ce, sur instruction du recteur. Cherchant une explication, le vice-recteur lui répond que c’est une décision des services de sécurité. Une affaire à suivre. En attendant, il y a lieu de relever que Nacer Djabi intervient régulièrement dans le débat politique avec une analyse critique du pouvoir et s’est intéressé en tant que chercheur et citoyen à diverses initiatives de l’opposition, comme les rencontres de Mazafran I et II. En mai 2017, Nacer Djabi s’est fait remarquer par une tribune publiée sur les réseaux sociaux et dans laquelle il déclarait sa décision de quitter l’université algérienne « à l’agonie » et livrée à « la violence et la corruption »