Signé fin décembre dernier par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, le décret relatif à la création des circonscriptions administratives, au nombre de 14, a été publié dans le dernier Journal Officiel, n°78.

Inscrite dans le cadre de la réorganisation administrative du territoire, cette opération concerne les grandes villes et certaines villes nouvelles et attribue des prérogatives aux walis délégués à travers des missions qui les réhabilitent dans leurs véritables fonctions même s’ils restent «sous l’autorité du wali», tel que précisé par le décret.
Ainsi, le wali délégué aura dans une circonscription administrative le rôle d’animateur, de coordonnateur et de contrôleur des activités des communes ainsi que des services de l’Etat qui y sont implantés. Il aura aussi à y initier, suivre et conduire les actions de mise à niveau des services et établissements publics. Le même responsable est, en outre, chargé de veiller à l’exécution des lois et règlements en vigueur, des décisions du Gouvernement, du Conseil de la wilaya et du Conseil de la circonscription administrative ainsi que des délibérations de l’Assemblée populaire de wilaya, au niveau de la circonscription administrative. Il doit également «veiller, avec le concours et en coordination avec les services de sécurité implantés dans la circonscription administrative, au maintien de l’ordre, la sécurité, la salubrité et de la tranquillité publics». La création de circonscriptions administratives permet, par ailleurs, au wali délégué d’intervenir dans les domaines de l’agriculture et du développement rural, des ressources en eau et de l’environnement, des travaux publics et des transports, de l’habitat et l’urbanisme, de l’éducation et la formation, de l’action sociale et la santé publique, de la jeunesse et des sports, du tourisme et de l’artisanat, de l’emploi, du commerce, de l’industrie et l’investissement, ainsi que de l’énergie et de la sécurité industrielle. Reste à savoir si toutes les missions qui lui sont assignées permettront au wali délégué de faire valoir une réelle autorité face à ses supérieurs dont le premier, le wali. Sur ce registre, le directeur des libertés publiques et des affaires juridiques au ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Abderahmane Sidini, avait souligné qu’avec les circonscriptions administratives, les prérogatives des walis délégués étaient «renforcées pour mieux gérer les problèmes au quotidien des citoyens et répondre à leurs doléances de manière efficace en vue d’impulser le développement». Précisant qu’il s’agit d’une organisation et non d’un découpage administratif, M. Sidini a estimé que cette démarche répond au «souci d’avoir plus de synergie dans la gestion du territoire pour mieux répondre aux préoccupations des citoyens, à travers des programmes de développement», et ce à travers «la maîtrise du volume démographique des grands ensembles urbains ainsi que la maîtrise territoriale des wilayas du Sud et des Hauts-Plateaux», a-t-il ajouté. Pour rappel, les 14 circonscriptions administratives seront créées dans les wilayas d’Alger, Blida, Constantine, Annaba et Oran.
Elles incluent les grandes agglomérations ayant connu, récemment, un développement urbanistique considérable, à savoir Bouinan (Blida), Sidi Abdellah (Alger), Draa Errich (Annaba) et Ali-Mendjeli (Constantine).
Dans le même cadre, il a été convenu de classer les villes d’El Khroub, Zighoud-Youcef, Hamma Bouziane, Constantine ville (Constantine) et Aïn El Turk, Arzew, Bir El Djir, Es-Senia, Oued Tlélat et Oran ville (Oran) en circonscriptions administratives territorialement compétentes.