L’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a clos son avis d’appel d’offres lancé à la fin de l’année écoulée par l’achat, lundi dernier, de 550 000 tonnes de blé tendre français pour livraison en février/mars 2019. Une quantité qui représente près  du sixième du volume global importé (3,2 millions de tonnes) en 2018.

A travers ce contrat d’achat conclu par l’OAIC et ses fournisseurs français, on peut facilement déduire que l’Office a tenu à mettre à profit la tendance baissière actuelle des cours à l’international des blés tendres. Une option tout à fait légitime de la part de l’Algérie, deuxième plus gros importateur mondial de céréale primaire (blé tendre et dur et orge).
Un classement qui n’est pas près de changer compte tenu que notre production de blé tendre va continuer d’être très en deçà de la demande, comme l’attestent de nombreux experts en la matière et agronomes spécialisés en céréaliculture. Arguant que notre climat ne se prête pas à ce type de culture et quand bien même des rendements appréciables ont été enregistrés, « cela ne reste que des niches », est-il mentionné dans de nombreuses études menées sur le terrain. Seul satisfecit : le pays peut à court terme s’autosuffire en blé dur. En clair, ne plus importer de blé dur à l’horizon 2020. Ce qui ne va pas être le cas pour le blé tendre, où la facture d’importation va continuer d’être élevée. En témoignent les derniers chiffres de nos volumes d’importations de blé tendre. Selon les douanes algériennes, le pays avait importé d’Europe 2,4 millions de tonnes de blé tendre durant les six mois de la campagne 2017-2018 contre 2,9 millions de tonnes de blé tendre durant les six mois de la campagne 2016-2017. Cela dit, on comprend pourquoi le pays tente de s’approvisionner en blé tendre à moindre frais. Autrement dit, de conclure des contrats d’achat au moment opportun, c’est-à-dire quand les cours sont à la baisse. Pas seulement d’aller acheter là où la céréale est moins chère, c’est-à-dire chercher d’autres fournisseurs autres que les traditionnels, à savoir la France, le Canada ou les USA. Une alternative amorcée par l’OAIC. En effet, l’Office vise d’autres fournisseurs, à savoir l’Argentine et la Russie. Concernant ce dernier pays, devenu très grand exportateur de céréales toutes variétés confondues, il convient de rappeler que les autorités algériennes ont confirmé l’existence de négociations avec la Russie en vue d’importer du blé tendre russe. Kamel Fernah, directeur central du ministère algérien de l’Agriculture, avait indiqué qu’une délégation du ministère s’était rendue en Russie à cet effet. Et de faire savoir que le pays est décidé à diversifier ses fournisseurs de blé tendre non sans préciser que « l’option russe pourrait se concrétiser ». Toujours dans ce sens, ce responsable avait ajouté: « Une délégation, composée de représentants du ministère de l’Agriculture et de l’Office algérien interprofessionnel des céréales et des experts agronomes, s’est déplacée au début du mois d’octobre en Russie pour ramener des échantillons de blé russe, en vue d’en analyser les taux d’ivraie, de poussière et de résistance à l’humidité.» Comme ce responsable a tenu à souligner que «la délégation algérienne ne se contentera pas d’étudier la qualité du blé, mais prendra aussi en considération les conditions de stockage, de chargement et de transport, qui sont des facteurs déterminants pour apprécier le rapport qualité/prix». Pour l’heure, aucun élément de réponse sur les conclusions du contrôle phyto sanitaire du blé russe. Et à ce sujet, il est utile de prendre en considération quelques reproches faits au blé russe. Il a été, en effet, révélé que des clients internationaux, notamment asiatiques, à la réception des bateaux de blé russe, se sont plaints d’impuretés dans les grains et, par voie de conséquence, les autorités sanitaires ont renforcé le contrôle des céréales importées de Russie. Concernant l’Argentine, on peut vite avancer que cette option de se fournir à partir de ce pays est pour l’instant à exclure, dès lors où tout dernièrement après un contrôle d’un vraquier, avec dans sa soute du blé tendre qui a débarqué au port d’Oran, a été interdit pour cause de germination des grains de blé. En définitive, il faut croire que la France va encore continuer d’être le fournisseur principal de l’Algérie en blé tendre.