Invitée, hier, au forum de Liberté, Mme Zoubida Assoul, porte-parole du mouvement Mouwatana et présidente du parti de l’Union pour le changement et le progrès, a estimé que son mouvement n’est pas « conjoncturel ».

« Mouwatana ne s’inscrit pas dans une échéance électorale quelconque, elle va au-delà de la présidentielle », a-t-elle dit, ajoutant que le projet de ce mouvement ne se résume pas à un simple programme électoral ou un projet de société. « Nous n’avons pas un projet de société, nous avons un projet de gouvernance », a-t-elle expliqué, estimant dans sa littérature, Mouwatana « aspire à changer le mode de gouvernance actuel pour jeter les jalons d’un système politique basé sur le citoyen». «C’est seulement à travers la mobilisation des citoyens dont 75 % sont des jeunes que nous pourrions réaliser le rêve collectif qui était celui des martyrs de la Révolution», a-t-elle encore dit. «Notre ambition est grande pour un si grand pays », a encore ajouté Mme Assoul, estimant qu’on doit « parler plutôt des solutions et changer les paradigmes et ne pas perdre du temps à énumérer les problèmes et faire des constats». L’invitée de Liberté a évoqué plusieurs sujets liés à l’actualité notamment politique. Concernant la présidentielle, elle a plaidé pour « un barrage » contre « la politique du fait accompli », dénonçant, au passage, « la volonté du régime de maintenir Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat ». « C’est une catastrophe qu’il faut coûte que coûte éviter au pays », a-t-elle estimé, sans pour autant donner les voies et moyens que son mouvement compte mettre en œuvre pour y parvenir. Elle a limité ses propositions à l’implication « effective » des citoyens dans la lutte politique et pacifique, dénonçant, également, les interdictions faites aux militants d’organiser des manifestations publiques. Elle a révélé, à ce propos, qu’aucun texte ou décret «n’interdit réellement les manifestations dans la capitale ». Concernant le projet de gouvernance de Mouwatana, qu’elle résume à une forte et effective implication des citoyens, Mme Assoul estime que « ce projet se fera par et pour le citoyen», plaidant pour « une réelle modernisation et réforme de l’administration». «Le pouvoir est supposé être le catalyseur de toutes les forces et des ambitions, mais finalement, nous avions eu un autre de nature à briser tout et avec des penchants totalitaires », a-t-elle dit, soulignant que « le pouvoir s’est concentré sur son maintien et sur le pouvoir lui-même ». Interrogée à propos de la dernière lettre du vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah au général Ali Ghediri, elle a estimé que la lettre «était d’une violence inouïe» et qu’elle «n’est pas du tout rassurante». «On ne peut pas résoudre tous les problèmes sans l’apport de l’armée», a-t-elle dit, estimant que l’institution militaire «n’a pas le droit de s’immiscer dans le jeu politique» et «qu’elle doit rester dans le cadre de ses prérogatives et missions constitutionnelles». Elle a ajouté que cet échange violent nous renseigne sur le fait qu’avoir des ambitions «est devenu un crime de lèse-majesté». Pour rappel, dans sa réponse, le ministère de la Défense nationale (MDN) s’en était pris à un ex-officier. Concernant la présence, récemment du général Ali Ghediri dans une réunion de Mouwatana, la porte-parole de ce mouvement a exclu toute adhésion de l’ex-général à Mouwatana, expliquant que sa présence entre dans le cadre des consultations et pourparlers engagés par Mouwatana avec des personnalités de la société civile