Les partis politiques n’abordent pas de la même manière l’échéance de l’élection présidentielle du mois d’avril prochain même s’ils sont tous en attente de clarifications et de visibilité.

L’expectative est bien là, mais elle est différemment appréhendée par les partis de l’opposition.
La mise sous le boisseau des initiatives lancées par le MSP et le TAJ n’a pas permis une meilleure visibilité aux partis politiques. Elle a plutôt accentué cet attentisme déjà de mise chez les formations politiques, qui le vivent cependant de manière distincte.
Les partis sont, en effet, partagés, entre ceux qui guettent la moindre éclaircie qu’apporterait la convocation du corps électoral qui pourrait intervenir dans les prochains jours selon les dispositions de la loi organique portant régime électoral, d’une part, et ceux qui ne suspendent pas leur horloge politique à cette annonce. Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) n’accorde pas assez d’importance à cette étape de convocation du corps électoral, exprimant cependant son insistance sur le respect de la Constitution et sur «sa revendication portant sur le changement de régime ». « Le RCD plaide principalement pour le respect de la Constitution et nous militons pour un changement de régime politique », a déclaré la parlementaire du parti, Fetta Sadat, contactée par Reporters, critiquant au passage les
différentes initiatives qui ont eu à occuper la scène politique nationale pendant quelques semaines. Elle a indiqué, dans ce sens, que ces initiatives émanant notamment du MSP et de TAJ sont des « propositions tardives» et que, par conséquent, leurs offres sont plus «une fuite en avant» qu’une alternative politique fiable et crédible. «Au RCD, nous œuvrons à bâtir un meilleur avenir au pays et non pas à donner un nouveau souffle au régime», a relevé Mme Sadat.
Estimant que «cette situation d’opacité totale et de confusion est loin d’être normale, régulière ou légale » à quelques mois seulement de la présidentielle, la députée d’Alger a noté qu’en pareil contexte, «on devrait connaitre et les candidats potentiels et leurs programmes électoraux».
Pour sa part, le Front de la justice et du développement (FJD) d’Abdallah Djaballah, la semaine en cours est déterminante dans le sens où elle est de nature à apporter des clarifications au sujet de l’élection présidentielle. Mais le parti s’interdit de réagir aux positions des uns et des autres si elles ne sont pas officielles. «Nous traitons avec le réel et tant qu’il n’y a pas d’annonces officielles, nous ne pouvons pas nous prononcer », nous a indiqué Lakhdar Benkhellaf, du FJD, qui tient à ce qu’il « n’y ait pas de violation de la Constitution et que le scrutin se tienne dans les délais constitutionnels». «Logiquement, nous allons voir plus clair cette semaine dans le sens où le corps électoral devrait en principe être convoqué. Donc, nous attendons cette étape d’annonce de la convocation du corps électoral pour nous positionner», a-t-il expliqué. Du côté du Front des forces socialistes (FFS), l’élection présidentielle n’est pas inscrite dans l’agenda du parti. «Le FFS est dans son agenda, le pouvoir est dans le sien», nous indiqué, hier, Abou Jugurtha, chargé de la communication du parti. «Notre agenda ne s’inscrit pas dans l’agenda du pouvoir. Nous nous attelons à concrétiser notre projet de reconstruction du consensus national et populaire», a-t-il souligné, rappelant que le FFS «plaide pour un changement du système et non dans le système».
M. Abou a indiqué que le vieux parti de l’opposition prépare une session de son conseil national qui interviendra avant la fin du mois de janvier et au cours de laquelle il sera procédé à l’analyse de la situation politique du pays.
Du côté du Parti des travailleurs, on n’a pas cessé d’exprimer une inquiétude quant à l’absence de données claires sur l’échéance présidentielle. Sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, a relevé, le week-end dernier, la difficulté de «se positionner par rapport à la présidentielle d’avril prochain en l’absence de données claires».