Depuis son arrivée aux commandes de Sonatrach, Abdelmoumène Ould Kaddour a pris une série de mesures pour raffermir et revitaliser le secteur pétrolier et gazier. Mais, pour le moment, il n’a pas réussi à atteindre les résultats escomptés. Sous sa direction, la production des hydrocarbures diminue au lieu d’augmenter, comme en témoignent les derniers chiffres établis par l’Office national des statistiques (ONS).

Dans le secteur des hydrocarbures, la production a reculé de 7,8% au 3e trimestre 2018 par rapport à la même période de l’année 2017. Ainsi, la production de pétrole brut et de gaz naturel a enregistré une baisse de 3,1%, le raffinage du pétrole brut a baissé de 11,8%, alors que la production dans la branche de liquéfaction du gaz naturel a diminué de 25,9%. Comment pareille situation s’est-elle produite ? L’impact de la crise financière que connaît le pays ne peut être ignoré. Elle a donné lieu à une contraction très prononcée des revenus pétroliers de la compagnie nationale. Et cela ne lui a pas permis de progresser à un bon rythme dans ses projets d’investissements, de renouvellement de ses réserves et d’augmentation de sa production. Ces effets, Sonatrach ne les a pas vu venir et n’a donc pas pu les prévenir. Ils sont bien là aujourd’hui et se manifestent déjà dans les exportations négativement corrélées à la production. Durant le 3e trimestre 2018, les exportations globales ont effectivement baissé, atteignant un volume de 22,05 millions de tonnes équivalent pétrole (Tep), contre une réalisation de 24,61 millions de Tep affichée au cours du même trimestre de l’année 2017. Les quantités d’hydrocarbures exportées, exprimées en tonnes équivalent pétrole (Tep), qui avaient reculé de 2,3 % en 2017, ont encore baissé de 8,7% au cours des trois premiers trimestres de 2018. Au total, les recettes d’exportation d’hydrocarbures ont atteint 28,72 milliards de dollars, à fin septembre 2018, contre 23,93 milliards de dollars, à fin septembre 2017. Au chapitre gazier, l’entrée en production d’une partie des gisements en chantier tarde ou se fait au compte-gouttes, privant ainsi la compagnie nationale d’importantes quantités de gaz supplémentaires.
Toutefois, tout n’est pas perdu et Sonatrach reste en fait en veille sur l’évolution de sa production, tout en gardant un œil sur tout ce qui se passe sur les marchés internationaux du gaz. Ces derniers sont actuellement bien approvisionnés, mais leur transformation vers des marchés plus globalisés interdépendants crée des nouveaux défis de sécurité. Dans les cinq prochaines années, le commerce mondial du gaz connaîtra de changements importants.
Analysant les récents problèmes d’équilibrage du marché du gaz et des risques associés aux évolutions politiques liées à la sécurité de l’approvisionnement, un nouveau rapport établi par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indique que même dans le contexte actuel de bas prix du gaz, les fournisseurs sont toujours exposés à des événements à faible probabilité mais à fort impact qui pourraient avoir des conséquences potentiellement graves pour l’approvisionnement mondial en gaz. Cela, Sonatrach en tient compte, tout en accélérant la résolution des problèmes qui font que la production gazière est loin d’être optimale. Mais, jusqu’à quand durera cette dépendance aux hydrocarbures ? Face à la persistance des faiblesses et des vulnérabilités de l’économie nationale, notamment sa forte dépendance à l’égard du secteur des hydrocarbures et de la dépense publique, d’aucuns soulignent la nécessaire mise en œuvre de politiques économiques et réformes structurelles à même de rétablir les équilibres macroéconomiques, diversifier l’économie et assurer une croissance forte, durable et inclusive. n