L’affaire du détournement de 7,800 milliards de centimes d’Algérie Poste de Sidi Bel Abbès, dont les auteurs, la vérificatrice et les receveurs des bureaux de poste de sa circonscription, Ras El Ma, Oued Sebaâ, Tighalimet et celui de la gare routière Sogral, dans le chef-lieu de wilaya, a été jugée jeudi par le tribunal de Télagh.

Le verdict rendu condamne la vérificatrice à 7 ans de prison ferme, le receveur du bureau de poste de Tighalimet, où ont été détournés 4,300 milliards de centimes, à 6 ans de prison, le receveur d’Oued Sebaâ à 5 ans de prison, pour détournement de 1,900 milliard de centimes. Quant au receveur du bureau de poste de Ras El Ma, où a été découvert un trou de 3 milliards de centimes, et la receveuse du bureau de la gare routière Sogral, d’où il a été subtilisé 460 millions de centimes, ils ont été condamnés à 3 ans de prison ferme.
L’affaire a été déclenchée en février 2018, lorsque l’inspection comptable du bureau de poste de Ras El Ma a révélé qu’il existait un trou financier à la suite duquel le receveur a été interrogé. Ce dernier a avoué avoir versé, durant la période de 2016 à 2017, l’argent dans le compte de la vérificatrice à plusieurs reprises. Il dénonce également son collègue du bureau de poste d’Oued Sebaâ, qui dépendait de sa compétence, qu’il l’approvisionnait en argent pour alimenter sa caisse qui était versé dans le compte de la vérificatrice. Il déclare avoir prouvé, lors de l’enquête judiciaire, que la vérificatrice avait établi un faux rapport d’inventaire sans faire le compte d’argent.
Entre-temps, un autre détournement a été signalé au bureau de poste de Tighalimet, où les inspecteurs dépêchés par la direction régionale d’Algérie Poste, découvrent un manque de 4,300 milliards de centimes dans la caisse, dont 2 milliards qui n’ont pas été justifiés par le receveur. La vérification du bureau de poste de Sogral a également révélé un autre trou financier.
Tous les accusés ont avoué que la vérificatrice les obligeait à lui verser l’argent dans son compte et d’autres comptes et qu’elle a aussi pris de l’argent liquide sur plusieurs tranches sans les rendre. « Elle était notre vérificatrice et nous a assuré de nous couvrir jusqu’à rembourser l’argent ». Des accusations que la vérificatrice mise en cause a rejetées, prétendant avoir encaissé son argent et n’a aucune relation avec l’argent détourné de l’entreprise.
La partie civile a demandé le rembourser la somme détournée et une indemnisation de 3,200 milliards de centimes. L’avocat général a requis la peine de 10 ans à l’encontre des 5 accusés pour constitution d’association de malfaiteurs, falsification de documents administratifs et détournement de deniers publics, et d’infliger une amende d’un million de dinars à chacun.
Après délibérations, les juges ont requalifié l’affaire et acquitté les 5 mis en cause d’inculpation d’association de malfaiteurs et les ont condamnés pour les autres accusations.