La baisse des stocks de pétrole brut a été contrastée par la hausse de la production américaine qui a atteint un nouveau record la semaine dernière, faisant craindre l’éventualité que les efforts de l’Opep pour contenir la hausse de l’offre seraient insuffisants pour le rééquilibrage du marché à terme.

Une bonne nouvelle pour le marché pétrolier : les stocks de pétrole brut aux Etats-Unis ont reculé la semaine dernière, tandis que ceux de produits raffinés ont encore progressé plus que prévu, lit-on dans les données publiées, hier, par l’Agence américaine d’information sur l’Energie (EIA).
En effet, lors de la semaine achevée le 11 janvier, les réserves commerciales de brut ont baissé de 2,7 millions de barils pour s’établir à 437,1 millions. Bien avant la publication des statistiques de l’EIA, les analystes anticipaient un repli de 2,5 millions de barils. Les stocks d’essence ont en revanche grimpé de 7,5 millions de barils et les réserves de produits distillés (fioul de chauffage et gazole) de 3 millions de barils. Sur la situation des stocks en produits pétroliers, les analystes tablaient sur des hausses plus modestes, de 3 millions de barils des réserves d’essence et de 1,35 million de barils de celles des autres produits distillés. La baisse des stocks de pétrole brut a été contrastée par la hausse de la production américaine qui a atteint un nouveau record la semaine dernière, faisant craindre l’éventualité que les efforts de l’Opep pour contenir la hausse de l’offre seraient insuffisants pour le rééquilibrage du marché à terme. La production du brut aux États-Unis a atteint une moyenne de 11,9 millions de barils par jour (mbj) la semaine dernière, un record de tous les temps. Pour la journée d’hier, la hausse de la production américaine a été quelque peu ignorée par le marché, se contentant du court terme, voyant dans la baisse des réserves une bonne nouvelle, même si, sur l’année, le rythme avec lequel évolue l’offre américaine pourrait éclipser sérieusement les efforts de l’Opep et ses partenaires qui ont décidé, le 7 décembre dernier, de réduire leur offre journalière de 1,2 million de barils afin d’éponger certains excédents de la production. Les raffineries américaines ont à leur tour enregistré une petite baisse de leur cadence, en fonctionnant en moyenne à 94,6% de leurs capacités, contre 96,1% la semaine précédente. Les exportations de brut ont nettement augmenté, passant de 2,07 mbj à 2,97 mbj, tandis que les importations ont légèrement diminué (de 7,85 mjb à 7,53 mbj). Également scrutés puisqu’ils servent de référence à la cotation du pétrole à New York, les stocks de brut WTI du terminal de Cushing (Oklahoma, sud) ont, eux, reculé de 800 000 barils, pour s’établir à 41,5 millions de barils. A l’annonce des données hebdomadaires de l’agence américaine d’information sur l’énergie, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mars a grimpé à plus de 61 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, peu avant 18h00 GMT. Le prix du baril de pétrole américain, qui s’affichait en petite hausse avant la publication du rapport de l’EIA, s’est renforcé après la publication de ces chiffres et gagnait quelques cents à plus de 52 dollars vers 17H45 GMT sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Pour le reste de la semaine, le record de production aux Etats-Unis fera assurément parler de lui et revivifiera les craintes sur l’abondance de l’offre, à l’heure où la croissance en Chine et dans certains pays émergent font craindre un ralentissement économique planétaire. Face à cet afflux de brut américain, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses partenaires, dont la Russie, avaient annoncé début décembre une baisse de leurs objectifs de production.
Cette baisse, entrée en vigueur depuis le 1er janvier, a redonné au marché certaines de ses couleurs, même si les inquiétudes sur l’état de l’offre restent vives en l’absence de signaux favorables sur la reprise de la croissance de l’économie mondiale.
L’effort de l’Opep et de ses alliés pourrait en tout cas empêcher les réserves mondiales de trop augmenter, mais il ne pourrait les faire diminuer de façon significative, d’autant plus que l’offre américaine ne fait que grimper d’une semaine à l’autre.