Le séminaire sur la harga, qui a eu lieu ces deux derniers jours à Alger, initié par le ministère de l’Intérieur, a «dégagé» une série de recommandations pour la mise en place de mesures dites «opérationnelles» visant à gérer plus efficacement la situation. Cette rencontre de deux jours, qui a constitué une occasion pour étudier ce phénomène «dans tous ses aspects», avait comme but d’analyser la situation à travers plusieurs thématiques.
Les participants à ce forum ont ainsi formulé plusieurs recommandations pour la mise en place d’un plan d’action global visant à endiguer ce phénomène. Ainsi, la première a été la mise en place d’un mécanisme intersectoriel pour veiller à l’application de ces recommandations sur le terrain et à leur évaluation, qui sera mis en oeuvre juste après la clôture des travaux de ce Forum.
Visiblement, c’est en se rendant compte que les mesures, essentiellement d’ordre «sécuritaire», entreprises jusque-là pour endiguer le «phénomène» n’ont pas été un exemple d’efficacité, que les autorités ont décidé de passer à la vitesse supérieure. Le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, M. Noureddine Bedoui, a indiqué que «ce Forum a été une occasion pour briser des obstacles qui entravaient le traitement approfondi du phénomène de la «harga» et pour renforcer la confiance en l’importance du travail collectif, qui bat en brèche tous les sous-entendus et les hypothèses», car il s’agit, a-t-il dit, de «l’Algérie et de l’intégrité de ses enfants». Affirmant que ses services étaient «très conscients de l’importance de l’action commune pour le règlement des problèmes, dans le cadre du dialogue et de la concertation», le premier «flic» du pays a appelé à «la préservation et à la consolidation des acquis» et à «l’amélioration de leurs modes d’exploitation selon une vision d’ouverture, de concertation et de proximité».
Pour sa part, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Mourad Zemali, a mis en avant le souci de son secteur de «garantir tous les moyens pour soutenir l’esprit d’initiative entrepreneuriale, simplifier les procédures et accompagner les porteurs de projets».
Dans le même contexte, le ministre de la Communication, M. Djamel Kaouane, a estimé que les recommandations sanctionnant ce forum constitueront «un instrument efficace» pour la lutte contre le phénomène de l’émigration clandestine, mettant l’accent sur l’impératif «d’être à l’écoute des jeunes et d’opter pour un discours qui leur est accessible». Il a appelé également à «jeter des passerelles de communication entre les jeunes et ceux dont les projets ont réussi et les vedettes du monde du sport et de l’art».
De son côté, le ministre de la Jeunesse et des Sports, M. Mohamed Hattab, a indiqué que les recommandations de cette rencontre étaient «un message d’espoir» aux jeunes et «un plan d’action à adopter pour la prise en charge des préoccupations de cette frange de la société».
Pour une vision optimiste
Parmi les recommandations, «la création d’une instance de traitement des informations relatives à ce phénomène», qui s’attellera, en coordination avec les médias, à donner à la «harga» l’appellation commune d’«émigration suicidaire».
Les participants ont appelé, également, à la réalisation de «reportages traitant des conditions difficiles entourant ces périples de la mort, au lancement de l’initiative «les jeunes parlent», à la création d’un observatoire national chargé de l’intégration socio-économique des jeunes, et au renforcement du contrôle des opérations de vente et d’achat des embarcations». Ils ont également appelé à la nécessité «d’adapter les programmes de formation aux exigences du marché du travail et d’améliorer le climat entrepreneurial et bancaire, ainsi que le secteur des impôts, en veillant à l’orientation des décrocheurs scolaires vers les classes de formation professionnelle».
Les recommandations ont, en outre, porté sur «le renforcement des espaces sportifs, artistiques et de loisirs, en sus des moyens de lutte et de prévention contre la toxicomanie», en œuvrant à «raffermir les formes de solidarité et les liens sociaux chez les jeunes, et à consacrer les valeurs sociales, notamment celle du travail».Les participants ont souligné l’impératif de «lutter contre les supports médiatiques qui encouragent les jeunes à opter pour la harga et de créer une institution nationale non gouvernementale pour le développement de l’activité du mouvement associatif, avec la participation du secteur économique et de la communauté nationale établie à l’étranger, outre
l’organisation de séances d’information avec les jeunes pour élargir le dialogue et échanger les expériences».
Par ailleurs, les participants ont salué les efforts consentis par l’ensemble des services de sécurité en matière de lutte contre ce phénomène. Dans son allocution, M. Bedoui s’est félicité de ces recommandations qu’il a qualifiées «d’importantes», affirmant l’engagement du Gouvernement à les concrétiser sur le terrain dans un cadre organisé afin de protéger les jeunes Algériens.