Au moment où les syndicats, qui composent l’Intersyndicale de l’éducation, hormis le Cnapeste, décident de maintenir leur grève d’aujourd’hui et les rassemblements de demain, les parents d’élèves s’inquiètent
sur le sort de leurs enfants.

Le président de la Fédération des parents d’élèves Khaled Ahmed considère que cette grève ne va rien apporter aux enseignants, mais va plutôt nuire à l’avenir des élèves. Invité à Ennahar TV, Khaled Ahmed révèle qu’il y a eu 65 réunions entre les syndicats du secteur et le ministère de l’Education nationale depuis l’installation de la ministre Nouria Benghebrit à la tête de ce département.
Il dira aussi que le ministère de l’Education ne peut, à lui seul, régler tous les problèmes des enseignants, certains dépendent du ministère du Travail. Les représentants syndicaux s’accrochent malgré tout à leur décision, estimant, pour leur part, que les réunions avec la tutelle n’ont rien réglé considérant que le recours à la grève est le seul moyen pour faire aboutir leurs revendications socioprofessionnelles. Selon plusieurs responsables syndicaux, cette décision est un premier avertissement à la tutelle. Pour rappel, l’Intersyndicale s’est retirée, en décembre dernier, de la charte d’éthique, signée il y a trois ans, en signe de protestation et avait menacé de lancer des actions de débrayage. Les responsables de ces syndicats ont annoncé, également, le boycott de toutes les rencontres officielles organisées par la tutelle aux niveaux national et local.
Cette décision a été prise pour protester contre le mode de gouvernance du secteur adopté par la tutelle qui, selon les syndicats, n’a pas respecté ses engagements. De plus, les syndicats regrettent que le ministère exerce des pressions et entrave l’activité syndicale, à travers l’annulation des PV de réunion de travail, le refus d’octroyer des sièges aux syndicats, les entraves à l’action des syndicalistes et le recours à la justice pour résoudre les conflits sociaux. Les leaders des six syndicats regrettent aussi que le ministère recourt à de fausses promesses concernant la gestion des grands dossiers, notamment ceux des œuvres sociales et du statut. Notons que l’Intersyndicale de l’éducation est composée de six syndicats autonomes, qui sont le Conseil national des enseignants du secondaire et du technique (Cnapeste), le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), l’Union nationale des personnels de l’éducation et de la formation (Unpef), le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), le Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (Cela) et le Syndicat national des travailleurs de l’éducation (Snte).

Nouria Benghebrit : « Les portes du dialogue toujours ouvertes, jamais fermées »
D’Oran : Amina Guerrroudj
Pour son deuxième jour de visite de travail à Oran, la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, s’est déclarée prête au dialogue avec les syndicats du secteur et à écouter leurs préoccupations et leurs revendications. Elle a toutefois prévenu qu’elle rejetait « le langage de la menace » et de « l’intimidation ». « Je crois au dialogue mais pas à la menace », a-t-elle ajouté à la veille de la journée de grève à laquelle l’Intersyndicale a appelé pour aujourd’hui. Nouria Benghebrit a fait savoir que toutes les difficultés peuvent être aplanies dès lors que l’esprit du dialogue et de la concertation est privilégié. Elle a insisté pour dire que les « portes du dialogue sont ouvertes » en rappelant que le respect des intérêts et du droit des élèves algériens à un enseignement de qualité est «primordial». «Les portes du dialogue sont toujours ouvertes et n’ont jamais été fermées», a assuré la ministre, signalant que son département a tenu aujourd’hui (dimanche, Ndlr)) une rencontre avec des syndicats qui « recevront ce soir des projets de procès-verbaux auxquels ils répondront par leurs propositions ». Par ailleurs, la ministre de l’Education nationale a reconnu l’existence du problème du manque de chauffages dans les établissements d’enseignement, en particulier dans les écoles primaires, en attribuant cette anomalie à un défaut d’entretien. Elle a fait savoir qu’elle a reçu une proposition de syndicats appelant à la création d’un programme de formation destiné au personnel d’entretien dans les établissements et qu’il était à l’étude.