Des appartements achetés à plus de 10 millions de dinars (1,2 milliard de centimes) pour habiter dans ce qui ressemble à une «no go zone». Une cité sans accès véritable, des travaux de voirie inachevés, des chiens errants partout et un éclairage absent.
C’est le calvaire que vivent les bénéficiaires de la cité logement public promotionnel (LPP) de Bendeda (Staouéli). Pourtant, c’est à Alger.

Pas loin de Sidi Abdellah, la fameuse cité intelligente.
Leurs propriétaires multiplient les sit-in et les réunions pour trouver des solutions et interpellent les responsables, à commencer par le ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville. Près de neuf cent locataires sont concernés par cette situation désastreuse.
Un projet inachevé qui commence à sentir l’arnaque malgré les garanties du ministre Abdelwahid Temmar. Ce dernier avait, rappelons-le, demandé aux entrepreneurs «d’assurer une livraison complète des logements tout en veillant à l’aspect esthétique». Une recommandation qui est, manifestement, tombée dans l’oreille d’un sourd.
Une situation inadmissible et insupportable
«Notre site est abandonné. Les travaux de voirie ne sont pas finis et on n’a pas d’accès ni de clôture. C’est l’insécurité totale. On croise même des chiens errants, sans oublier l’éclairage défaillant. Voilà un résumé des logements LPP qui coûtent 10 millions DA l’un pour les cadres de l’Algérie. Même les bénéficiaires des logements sociaux sont mieux servis que nous», nous a affirmé l’un des bénéficiaires de logements LPP de Bendeda. «Nous nous sommes souvent réunis, ces derniers temps, pour essayer de trouver une issue. On ne peut plus accepter cette situation. Nous avons bloqué la route et la gendarmerie est venue. Ils nous ont demandé d’écrire une requête et de la déposer chez eux pour essayer de la faire parvenir aux autorités concernées.»
Quelques mois après avoir occupé leurs nouveaux appartements, les habitants de la cité LPP de Bendeda sont dans l’expectative. «La somme investie pour acquérir nos biens est conséquente et nous sommes en droit de réclamer des comptes aux autorités», disent unanimes les plaignants.