Les jeunes ont besoin de travail certes, mais aussi d’une qualité de vie améliorée, estime le sociologue et directeur de recherche au Centre de recherches en économie appliquée pour le développement (Cread), Mohamed Saïb Musette. « En plus de fournir des postes de travail aux jeunes, il faut œuvrer pour améliorer leur qualité de vie », nous a indiqué hier M. Musette, au lendemain du Forum sur l’émigration clandestine, organisé à Alger et qui s’est soldé par une série de recommandations visant à rendre plus efficace la gestion de ce phénomène communément appelé « harga ». Les jeunes peuvent trouver un travail, mais cela ne suffit pas à les mettre à l’abri du mal-vivre. « Ils ont besoin aussi d’un logement, de loisirs et d’une qualité de vie acceptable », souligne notre interlocuteur, relevant que la situation de ces derniers est loin de s’inscrire dans ces standards. «Par ce concept de qualité de vie, j’entends aussi que ces jeunes ont besoin aussi de se rencontrer dans un cadre d’échanges qui englobe les aspects social, sportif et culturel », explique-t-il, avant d’étayer son avis en faisant savoir qu’une étude, qu’il a réalisée dans trois universités du pays, a montré que « 50% des jeunes diplômés voulaient partir à l’étranger alors qu’ils ont déjà un poste de travail ». Notre sociologue revendique aussi «une vraie politique de la jeunesse». Dans ce cadre, il réitère son appel à la création du Conseil supérieur de la jeunesse, annoncé par le président de la République en 2016 et dont un décret exécutif a été promulgué et publié sur le Journal Officiel en 2017. «Il faut créer rapidement le Conseil supérieur de la jeunesse », estime M. Musette, considérant que ce type d’organisme contribuera à « dynamiser les secteurs de la culture et la jeunesse ».