L’horizon politique immédiat du pays vient de s’éclaircir avec la décision du chef de l’Etat de convoquer le corps électoral pour l’élection présidentielle, dont la date est fixée au 18 avril 2019. Sur ce plan, le flou qui avait marqué à ce sujet le paysage politique s’est estompé et le calendrier politique de l’Algérie pour les quatre prochains mois est celui du scrutin pour la magistrature suprême.

D’ici là, selon les dispositions contenues dans la Constitution et la loi électorale, les candidats à la candidature devraient se manifester plus clairement qu’auparavant puisqu’il y a eu des personnalités politiques qui ont exprimé leurs ambitions de se mesurer à ce vote décisif bien avant la convocation du corps électoral. On devrait également voir se manifester tous les acteurs et courants politiques de l’opposition qui ne se considèrent pas concernés par l’échéance.
Quid cependant de l’horizon économique ?
La campagne annoncée ainsi que les premiers mois, voire les prochaines années du prochain mandat présidentiel, se dérouleront dans un contexte où les indicateurs économiques sont impactés par le contre-choc pétrolier de l’été 2014 et dont les effets se constatent aujourd’hui à travers le déficit aggravé de la balance des paiements et du budget. Un phénomène qui se traduit également par la baisse importante des réserves de change – 82 milliards de dollars actuellement – et le maintien de l’investissement public, qui reste dominant, et de la croissance dans le pays, par le recours au «financement non conventionnel» de l’appareil économique du pays. La planche à billets a produit depuis vingt mois l’équivalent de 40 milliards de dollars, selon la Banque d’Algérie. Le recours au financement non conventionnel, étant une solution exceptionnelle, va contribuer à couvrir une partie de la dette publique interne, dont celles de l’Etat auprès des entreprises et des entreprises auprès des banques publiques, ont expliqué l’autorité monétaire et le gouvernement, en se fixant l’année 2022 comme seuil au-delà duquel il n’y aura plus de recours à la planche à billets, et comme délai de retour à un financement ordinaire de l’économie. C’est dans ce contexte contraignant que vont devoir s’exprimer les futurs candidats à la présidentielle en proposant leurs programmes de sortie de crise. Un paysage économique déjà bien décrit par nos experts et économistes ainsi que par les responsables politiques du pays. Sur la dette interne, le Premier ministre Ahmed Ouyahia, a, par exemple, déjà indiqué que cette dette est passée d’environ 20,6% du PIB, en 2016, à près de 40% du PIB aujourd’hui. Le même constat a été dressé par le Fonds monétaire international (FMI), qui s’alarmait de l’aggravation du niveau de la dette publique interne. En outre, la Banque mondiale (BM), dans son rapport 2019 sur les perspectives de l’économie mondiale, a indiqué que «la croissance de l’économie algérienne, ultra-dépendante aux hydrocarbures, devrait ralentir en 2019, sous l’effet de la diminution progressive des dépenses publiques». Un ralenti estimé «à 2,3% du fait de la diminution progressive des dépenses publiques, qui avaient connu une augmentation considérable l’année dernière», souligne la Banque mondiale.
Indication plus récente sur les contraintes économiques, le déficit financier d’environ 11 milliards de dollars selon Sidi Mohamed Ferhane, directeur général de la prévision au ministère des Finances. Un chiffre qu’il a expliqué par la baisse de la fiscalité pétrolière. En attendant que des programmes de réforme audacieux se manifestent durant la campagne qui s’annonce, ce sera le baril de brut qui fera, pendant un moment encore, figure de métronome pour les décisions et les arbitrages économiques. Son cours, en fin de semaine, vendredi dernier, était de 62,70 dollars sur le marché londonien.<