La consommation en électricité et en gaz augmente dans des proportions importantes, tandis que celle des carburants diminue. Cela constitue un problème complexe et difficile pour le pays.

Aussi, le ministre de l’Energie,  M. Mustapha Guitouni, a recommandé, hier à l’occasion de la présentation par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg) du programme d’approvisionnement du marché national en gaz naturel pour la période 2019-2028, de faire fléchir très sensiblement la croissance de la consommation interne en énergie. Il a demandé au régulateur d’exposer de manière pédagogique l’évolution de la consommation et de prodiguer des conseils aux abonnés et aux clients (agriculteurs, industriels…) de Sonelgaz. L’Algérien consomme 10 fois plus d’électricité qu’un Européen. Sonelgaz a réfléchi au prix social que les populations à bas revenus ont à payer. Le problème est que tout le monde en profite, pauvres et riches.
«Cela ne peut pas continuer indéfiniment», a souligné le ministre. Il a ajouté que «le prix réel du kWh est de 10,54 dinars. Son prix de vente moyen est de l’ordre de 4 dinars. Le Trésor public prend sur lui, au titre de subventions au secteur de l’énergie, 7 dinars. Il faut agir», a-t-il dit, en instaurant une vraie culture de rationalisation et de non-gaspillage de cette énergie, puisée à la base des énergies fossiles. Une énergie très chère et problématique dans de nombreux pays notamment en Afrique où l’énergie électrique est rationnée. Il faut sensibiliser tout le monde, estimant qu’au-delà des économies à faire en matière gazière, l’objectif étant d’atteindre 415 kW par foyer, un niveau de consommation raisonnable. Il a en outre indiqué que la Sonelgaz, à travers ses différents démembrements régionaux, entend accroître ses efforts pour concrétiser ses programmes d’investissements, améliorer ses prestations et produire plus d’électricité conventionnelle et non conventionnelle. Cet effort devrait conduire à un changement progressif du modèle de consommation d’énergie dans un pays qui fait partie des rares pays au monde à afficher un taux de pénétration électrique dans les foyers de 98%.
La production d’électricité a atteint un niveau élevé grâce à la création de centrales électriques (cycle combiné) tournant 24h/24 et au développement du renouvelable. Le problème est que les centrales consomment énormément de gaz. Pour M. Guitouni, «les choses vont changer et les turbines à vapeur vont contribuer à faire baisser la part du gaz dans la production d’électricité. Cela va venir, les choses s’améliorent, mais nous n’y sommes pas encore», a-t-il noté.
Dans le domaine des carburants, M. Guitouni a annoncé que la raffinerie de Sidi R’Zine entrerait en service en mars prochain. Elle devrait produire 3,2 millions de tonnes de carburant par an. Les capacités de raffinage au niveau de la plateforme de Sidi R’Zine, ajoutées à celles d’Augusta, ex-filiale du groupe américain Exxon Mobil, rachetée par Sonatrach en décembre dernier, vont permettre à l’Algérie d’arrêter l’importation des carburants et faire des économies de deux milliards de dollars sur ces produits.
Sonatrach a acquis ce site et va investir davantage à l’international. Elle va opérer en Turquie, en Bolivie et en Irak et dans d’autres pays, a indiqué le ministre de l’Energie. Le site de Camésia, au Pérou, une plateforme de production d’hydrocarbures dont la compagnie nationale est l’actionnaire de référence, lui rapporte 200 millions de dollars par an, a précisé Guitouni. Il estime qu’il n’y a pas de raison que Sonatrach n’investisse pas à l’étranger. Elle doit faire comme les autres pour enrichir son portefeuille d’actifs.