Les élections présidentielles sont irrémédiablement une occasion de poser les questions importantes concernant l’avenir du pays particulièrement fragilisé par les errements dont la responsabilité est collective. Il est un fait, l’Algérie est à l’orée d’une évolution inéluctable, un passage vers l’après-pétrole qui la mettrait irrémédiablement soit parmi les nations qui auront leur destin en main ou, à Dieu ne plaise, parmi ceux qui ne contrôleront plus leur avenir. Les soubresauts que subissent un certain nombre de pays dont l’économie est fortement tributaire des hydrocarbures sont de véritables alertes. La gestion absurde de la rente ne peut plus cacher la grave érosion du projet national. Il suffirait que les ressources d’hydrocarbures baissent – et les signaux sont déjà apparents sur l’avenir – pour que le destin de toute une nation rentre en ballottage. Voilà une vraie menace, sérieuse, pour l’avenir immédiat de l’Algérie que les acteurs politiques devraient sérieusement méditer. Et le grand rendez-vous de présidentielle d’avril est sans nul doute une opportunité pour sérieusement y réfléchir et proposer les corrections qui s’imposent. Les temps sont difficiles dans un monde de plus en plus insensible. Le dire ce n’est nullement faire dans l’alarmisme forcé mais bien faire preuve de lucidité. Pour pouvoir se prémunir. Il y a un essoufflement du projet national en demande d’un élan pour le relancer. Il y a une fragilisation par l’immobilisme dans un pays où les besoins et les attentes grandissent. Et qui a besoin urgemment que le rapport de l’Etat à la société change. Ce pays a besoin d’une véritable mise à jour sur tous les plans. Il s’agit de rendre efficace l’administration, mener une guerre sans merci à la corruption et retrouver les valeurs du travail et le sentiment d’appartenance. A l’heure du choix de son président de la République pour les cinq années à venir il est judicieux de poser collectivement les grandes questions. Et d’y répondre.