A l’échelle de l’Afrique, l’Algérie dispose d’un potentiel appréciable en termes de réserves gazières et de production. Les bons chiffres insérés dans le rapport de l’Association internationale des producteurs de pétrole et de gaz (IOGP), rendu public hier, en sont la preuve.

En effet, en termes de quantité, la production gazière de la région a atteint 225 milliards de mètres cubes de gaz, en 2017 ce qui représente un record historique. L’Algérie, premier producteur africain de gaz, a compté pour 41% de ce volume. L’Egypte et le Nigéria sont les deuxièmes plus gros producteurs d’Afrique avec chacun 20% de ce volume.
Il faut rappeler que l’Afrique détient 7,1% des réserves mondiales de gaz avec le Nigéria qui possède les réserves les plus importantes, représentant 38% du total. L’Algérie arrive en deuxième position avec 32%. L’Egypte en détient 13% et la Libye 10%. La Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur (Coface) a expliqué dans un rapport diffusé également hier que parmi les points forts de l’économie algérienne, figurent les importantes réserves de pétrole et de gaz.
L’organisme hexagonal n’évoque pas le schiste dont les réserves nationales ont été récemment considérablement revues à la hausse permettant à l’Algérie de se hisser à la 3e position pour le gaz. En chiffres, les ressources non conventionnelles algériennes sont estimées à 9.818 TCF (Trillion cubic feet) de gaz.
Il est tentant d’en tirer d’importantes recettes. En tout cas, pour de nombreux observateurs, l’ensemble de la stratégie de Sonatrach doit être davantage tourné vers le gaz.
Elle doit définitivement aller vers le gaz, car elle peut en produire autant qu’elle veut et développer aussi le secteur de la pétrochimie. Selon une déclaration récente du P-DG de Sonatrach, tout ce qu’a été fait jusqu’à présent, c’est de produire du gaz et le commercialiser. Ce n’est pas la meilleure solution pour engranger des recettes pour le pays. Aussi, est-il impératif, selon le patron du groupe Sonatrach, d’œuvrer pour la transformation du gaz en plastique et en produits pétrochimiques. Le pari de Ould Kaddour est un pari gagnant ! Ce n’est pas si évident, quand on sait que les besoins en gaz (la demande domestique) sont en train d’augmenter de manière spectaculaire. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
La demande africaine en gaz naturel a augmenté de 50% au cours de la dernière décennie, comme l’a révélé le rapport cité plus haut.
En 2017, les besoins se sont élevés à plus de 142 milliards de dollars de mètres cubes. 40% de cette demande est portée par l’Egypte uniquement. Ce pays est suivi de l’Algérie (27%) et les autres pays d’Afrique du Nord qui totalisent ensemble 10% de la demande africaine.
Fort taux de consommation de gaz
Dans pareille situation, il y a nécessité de trouver d’autres solutions pour couvrir la demande nationale grandissante sur le gaz naturel et éviter que le pays ne se trouve dans une situation d’incapacité d’exportation, et par conséquent, perdre des recettes en devises.
Actuellement, la production nationale s’élève à 130 milliards de mètres cubes, dont 50 milliards sont destinés à la consommation locale, 50 milliards de mètre cube à l’exportation et 30 milliards de mètres cubes réinjectés dans les puits pour maintenir leurs activités. L’Algérie reste ainsi l’un des pays à fort taux de croissance de consommation énergétique, la consommation avoisinant, pour certaines années, les 11.8%.
Mais c’est surtout la production d’électricité (centrales électriques) qui consomme le plus de gaz. Présentement, l’énergie électrique est à prédominance gazière, le gaz y comptant pour plus de 98%. Ainsi, la quantité de gaz consommée localement est énorme. Dans le but d’atténuer cette tendance, le pays a engagé un vaste programme de développement des énergies renouvelables. Toutefois, le chemin reste encore long à parcourir pour le mettre en œuvre de manière satisfaisante.