Quelque 55 millions de pèlerins hindous répartis sur deux jours ont effectué leurs ablutions dans les eaux de fleuves sacrés du nord de l’Inde à l’occasion du Kumbh Mela, littéralement « fête de la cruche » en hindi et plus grand rassemblement religieux de la planète. Une foule immense s’est immergée dimanche et lundi à la confluence du Gange et de la Yamuna à Allahabad (Etat d’Uttar Pradesh, nord) pour un « bain royal » à l’occasion de la nouvelle lune, date considérée comme le jour de meilleur augure du festival. Pour les croyants, réaliser des ablutions à cet endroit permet de se purifier de ses péchés et de se rapprocher du salut.

Le Kumbh Mela, qui se déroule en alternance entre quatre villes, a été classé au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2017. Cette année «environ 55 millions de personnes sont venues au Kumbh sur les deux jours menant à Mauni Amavasya», la nouvelle lune, a déclaré à l’AFP Rajiv Kumar Rai, un responsable média du Kumbh Mela. Pour atteindre ce chiffre faramineux, les autorités locales disent s’être fondées sur des observations aériennes, le décompte au sol étant rendu impossible par la taille démesurée de la foule.
« Nous ne lançons pas des chiffres au hasard sur le nombre de visiteurs du Kumbh. Nos calculs sont basés sur des observations de caméras placées sur des drones et depuis des hélicoptères», s’est justifié M. Rai.
«Nous avons calculé la longueur des rives et des routes qui y mènent et en considérant la densité serrée de la foule et l’espace minimum occupé par une seule personne, nous avons estimé ces chiffres», a-t-il expliqué. Depuis le début du festival mi-janvier, environ 120 millions de pèlerins sont déjà passés par la cité de tentes de 45 kilomètres carrés dressée pour les accueillir.
Le Kumbh Mela en cette année électorale prend une coloration très politique sous l’impulsion des nationalistes hindous. Ceux-ci sont actuellement au pouvoir au niveau national à Delhi, mais aussi au niveau régional dans ce grand Etat pauvre et le plus peuplé d’Inde avec ses 220 millions d’habitants.
Ferveur religieuse et relents de campagne
Le 1er février dernier, le gouvernement indien a présenté devant le Parlement un budget des plus attractifs en cette période d’élections générales prévues en avril et mai prochains. Afin de satisfaire le maximum d’électeurs, il prévoit d’importantes subventions et exemptions fiscales en faveur des classes moyennes, des agriculteurs et des travailleurs du secteur informel. Son chef, Narendi Modi, a promis une aide directe de 6 000 roupies, l’équivalent de 75 à 80 dollars, à 120 millions de paysans pour un montant total dépassant les 9 milliards de dollars.
Il envisage d’exempter d’impôts les contribuables aux salaires équivalents à quelques 7000 dollars par an.
Il promet également la création d’une «économie à 5 000 milliards de dollars d’ici à cinq ans.