En ce début de février, le baril de pétrole évolue à des hauteurs qu’il n’avait plus atteintes depuis quelques semaines, porté notamment par les événements qui se déroulent au Venezuela, sur fond d’ingérence américaine et européenne, qui risquent d’entraîner le bras de fer entre le chef de l’Etat élu Nicolas Maduro et le président autoproclamé Juan Guaido vers une impasse dont il sera très difficile de sortir pour un pays se trouvant déjà à la croisée des chemins. A l’écoute ininterrompue de Caracas, le marché pétrolier réagit donc comme prévu, partant du principe que le Venezuela en reste un acteur majeur, même si ses capacités de production ont été drastiquement réduites. Ce pays jouit, en effet, d’un statut non négligeable dans la production mondiale et vaut son pesant d’or noir sur les cours. Ceci d’autant que le Venezuela reste un fournisseur de tout premier rang pour les Etats-Unis, devancé seulement par le Canada et l’Arabie saoudite. Les prix ne décollent pas, certes, mais ils semblent toutefois rompre avec la morosité qui s’était emparée d’eux à la fin 2018, les poussant à leur plus bas depuis trois années, alors qu’au mois d’octobre ils avaient été hissés jusqu’à hauteur des 87 dollars le baril. Mais ce prix pourrait bien décoller si la situation qui prévaut actuellement au Venezuela perdure et que les Etats-Unis se voient obligés de riposter en direction de leur ennemi Maduro par le seul arsenal des sanctions commerciales qui priverait ce pays de ses exportations pétrolières sur lesquelles il espère pouvoir compter pour réduire l’insoutenable crise économique qu’il subit. Autrement dit, des sanctions contre le Venezuela signifierai une réduction de l’offre mondiale du pétrole.
Mais une réduction qui ne trouverait peut-être pas de difficultés à être compensée par les autres membres de l’Opep qui seront obligés d’ouvrir un peu plus leurs vannes et à renforcer leurs quotas, chacun en fonction de ses prédispositions et ses capacités. Et dans ce type de scénario, il y a peut-être lieu de se demander quelles capacités pourrait faire valoir l’Algérie ?