Dans ses «Perspectives économiques en Afrique 2019», publiées, hier, la Banque africaine de développement (BAD) plaide pour l’intégration économique des pays du Continent à travers la construction d’une zone de libre-échange.

L’idée a émergé, en mars dernier, en Algérie, avant que le sommet de l’Union africaine de Kigali (Rwanda), tenu un mois plus tard, n’entérine l’idée d’une zone de libre-échange continentale africaine (Zlec).
Le projet a été évoqué pour la première fois, lorsque le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, avait effectué, en mars 2018, une visite en Algérie, une escale qui est intervenue à la veille d’une importante échéance africaine, à savoir le sommet extraordinaire de l’UA qui allait être consacré au lancement de la Zone de libre-échange continental africaine (Zleca). Les opportunités économiques en Afrique suscitent beaucoup d’intérêt. L’accord qui porte création de la Zone de libre-échange continentale africaine vise ainsi à créer le plus grand espace de libre-échange au monde. Avec la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires, la Zleca offrira un cadre inédit à même de doubler les échanges commerciaux en Afrique. «Les opportunités économiques en Afrique suscitent beaucoup d’intérêt. L’accord qui porte création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlec) vise ainsi à créer le plus grand espace de libre-échange au monde. Avec la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires, la Zlec offrira un cadre inédit à même de doubler les échanges commerciaux en Afrique», a noté, hier, la BAD dans ses perspectives économiques en Afrique pour 2019. C’est un rapport qui fait la part belle cette fois-ci à l’impératif d’une intégration économique en Afrique, aux échanges intra-africains et l’accroissement des niveaux d’investissements à même de pouvoir faire face aux défis auxquels est confronté le Continent. « La Banque africaine de développement est au centre des actions menées pour la réussite de cette zone de libre-échange continentale », lit-on dans les perspectives de la BAD. Cette institution multilatérale africaine assure ne lésiner sur aucun moyen afin de soutenir la concrétisation de Zone de libre-échange continentale africaine. Pour étayer son engagement en faveur de ce projet, ses responsables expliquent que la BAD « a investi plus d’un milliard de dollars pour soutenir le financement du commerce en Afrique ». Elle a également investi un autre milliard de dollars dans Afrexim Bank, dont 650 millions de lignes de crédit pour le financement du commerce et 350 millions en assurance. La libre circulation des personnes sur le continent est un autre facteur important de développement, selon la BAD, qui a noté des progrès en matière de visas. Pour autant, beaucoup reste encore à faire. « Nous devons faire tomber toutes les barrières qui entravent la libre circulation des personnes sur le continent, en particulier celle de la main-d’œuvre, car elle est vitale pour promouvoir les investissements », a plaidé le président de la Banque africaine de développement, lors d’une séance consacrée à la présentation du rapport, organisée à Abidjan. Sur les investissements, le président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwuni A. Adesina, relève une hausse significative des investissements transfrontaliers – 12 milliards de dollars l’an dernier, contre 2 milliards en 2010. La BAD affirme continuer d’investir dans les infrastructures pour mieux interconnecter les pays et améliorer ainsi leur compétitivité. C’est dire à quel point cette institution tient au projet de faire émerger une Zone de libre-échange continentale africaine.