Les alertes et autres avertissements émis de temps à autres par des groupes de réflexions algériens sont toujours intéressants à écouter. Mais pas seulement, les propositions jointes sont souvent judicieuses, éclairées et pertinentes. Sans que les concernés n’y trouvent matière à usage ne serait-ce qu’en partie. Le collectif Nabni, qui accompagne toujours ses avertissements par des propositions concrètes, est souvent dans cette posture positive. Avec également la désillusion qui s’ensuit en constatant qu’il prêche dans le désert. Souvent les autorités sont insensibles aux avertissements invitant pourtant à réfléchir à des solutions plus pérennes. Quitte à se priver gratuitement d’expertise pouvant aider à réformer en douceur. « La séquence de la planche à billets » est à cet égard illustrative de ce que les autorités savent bien faire : la sourde oreille aux avis des experts nationaux. Le recours de l’Etat à ce moyen jugé risqué afin de minimiser les effets d’une situation financière sensible est toujours qualifié de mauvaise idée. Pour ces observateurs, l’Etat s’est endetté auprès de la Banque centrale, pour combler des déficits qui, devraient inévitablement réapparaître tôt ou tard. D’autant que « les problèmes de fond » n’ont pas été résolus. Les autorités ne font que retarder d’inévitables réformes. Léguant une dette aux gouvernements successifs qui irrémédiablement, feront face aux mêmes déficits et n’auront plus d’autre choix que de les réduire. Sauf que leur marge de manœuvre financière s’en trouvera plus étroite. L’écoute sélective, l’absence de débat ouvert et de transparence font que des conseils techniques destinés à un système de gouvernement sourd aux recommandations, par suffisance ou par impuissance, peuvent faire plus de mal que de bien. Cette « solution provisoire » adoptée par les autorités afin de préserver la paix sociale durant une courte période, en attendant que les cours du Brut retrouvent des niveaux moins inquiétants, n’est pas exempte de risques. Un procédé à revoir pour des solutions plus durables. Et pour cela ne faudrait-t-il pas commencer par reprendre les vertus de l’écoute ?