La mouture actuelle du cahier des charges régissant les marchés publics dans le Btph est en «inadéquation avec les besoins actuels et sa révision s’impose», recommande l’Association générale des entrepreneurs algériens dans un communiqué dont une copie nous été transmise. Il est, selon l’Agea, «primordial de revoir ce document en l’adaptant à la réalité du contexte actuel» et que sa révision «soit faite avec la participation effective de l’ensemble des acteurs économiques concernés du secteur Btph». Qualifiant le cahier des charges d’«outil qui a une fonction définie et suit des objectifs précis», l’Agea estime tout de même que «le voir comme document définitif et immuable fourni par un client à ses fournisseurs est réducteur». Sans passer par trente-six chemin, elle considère qu’il «n’existe pas de format pré-établi pour un cahier des charges. L’important est qu’il soit précis, adapté à la situation et compréhensible par chacun des intervenants». Pour le secteur du Btph, l’association considère que les conditions exigées pour ce document sont «draconiennes» et «limitent l’accès à ces marchés à un nombre très réduit d’entreprises». D’autre part, l’Agea appelle à «en finir avec le moins disant qui n’est pas toujours le mieux disant». Le communiqué fait état du nombre important d’entreprises qui «produisent un prix et non pas une offre» ainsi que des maitres d’œuvres qui se fournissent des prestations «à la limite de l’acceptable, parfois en deçà». Pour l’Agea, le maître d’ouvrage «a besoin plus que toute autre chose d’être rassuré quant à la capacité de son fournisseur à assurer le marché qualitativement». Et d’ajouter : «il y a lieu de mettre en place la règle du choix du mieux-disant plutôt que le moins-disant. Cette règle se traduit par le fait que le critère prix n’est qu’un critère parmi les critères de choix possibles». Dans ce même registre, l’Agea souligne que dans la performance globale du marché, «le maître d’ouvrage doit porter une attention particulière à la qualité des prestations fournies ainsi qu’au respect des modalités d’exécution du marché par le prestataire. Les critères de sélection des entreprises ont toujours déchaîné les passions». Pour le volet lié aux études, le communiqué note que «l’expérience montre que dans la plus grande majorité des cas, les plans d’exécution du maître d’œuvre sont refaits, d’où une augmentation du coût global des études d’exécution de l’ouvrage». Et pour impulser une nouvelle dynamique à l’industrialisation de la construction, l’Agea relève que « les maitres d’œuvres ont un rôle majeur à jouer et pourront tirer l’industrie du bâtiment vers le haut, voire vers la modernité en imposant des techniques et des matériaux de construction judicieusement choisis en fonction de l’importance et de la localisation des projets». Elle rappelle les mesures de la tripartite, qui a regroupé le gouvernement le patronat public et privé ainsi que la première organisation syndicale, citant «l’adaptation de la réglementation des marchés publics pour améliorer les critères d’accès à la commande publique et la normalisation des cahiers des charges, afin d’encourager et de développer le recours à l’outil national». Par ailleurs, il convient de souligner que, tout récemment, le premier responsable de l’Agea a indiqué que faute de plans de charge suffisants, «nombre d’entreprises du secteur du Btph sont en réelles difficultés. Des incertitudes économiques et des risques de trésorerie pèsent ainsi sur l’activité du Btph. En pareil contexte, l’horizon semble assombri pour ce secteur». En termes de chiffres, «ce sont près de 35.000 entreprises offrant près de 1 million d’emplois directs et indirects qui risquent de disparaître progressivement». Dans cette optique, M. Kheloufi cite une série de contraintes pénalisantes pour le secteur, entre autres le «net ralentissement de l’activité dans un secteur névralgique dû au manque de plan de charge, l’envolée des prix des matériaux de construction, le retard important dans le recouvrement des créances, le refus de découvert bancaire par les banques et l’absence de facilités de crédits, ainsi que les pressions conjuguées des charges obligatoires induites par les échéances de paiement».