Saïda Neghza, présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes (Cgea), s’est exprimée, avant-hier en marge d’un séminaire organisé conjointement par sa confédération patronale et la Chambre de commerce et d’industrie Seybouse, à l’hôtel Sheraton Annaba, à propos de l’absence de nouveautés pour encourager l’investissement en Algérie.
La Cgea a organisé, mardi, au Sheraton Annaba, avec le concours la Chambre de commerce et d’industrie Seybouse, un séminaire de vulgarisation sur les dispositions de la loi des finances de l’année 2019. Plusieurs spécialistes économiques et cadres de la direction générale des impôts (DGI) et du ministère des Finances ont pris part à cette rencontre pour expliquer à un panel d’hommes d’affaires et d’opérateurs économiques les avantages qu’accorde la LF2019 aux investisseurs. Parmi les conférenciers et animateurs de ce séminaire, l’on retrouve le directeur central de la législation et de la réglementation fiscale, Touati Kamel, et le directeur central des relations publiques et de la communication, Benali Kamel.
Les différents intervenants ont mis l’accent sur la suppression, dans cette nouvelle loi des finances, du plafond d’autorisation de programme qui était, à titre d’exemple, de
2 770 506 936 000 DA dans la loi de finances complémentaire de 2018.
Approchée, Mme Neghza, connue pour son franc parlé, a estimé que la loi des finances 2019 était une loi des finances tout à fait ordinaire et qu’elle n’apporte rien de spécial ou de concret pour l’investisseur algérien ou étranger. Pour la présidente de la Cgea une véritable politique « de deux poids deux mesures » existe au niveau des banques, qui octroient des crédits sans limites, sans suivi et sans la présentation d’aucune garantie à des gens qui n’ont rien avoir avec l’investissement, alors que les investisseurs porteurs de projets promoteurs de l’économie nationale sont obligés d’apporter garantie sur garantie pour obtenir des miettes de financement de la part des banques algériennes. Mme Neghza s’est, par ailleurs, exprimé sur les dispositifs d’aide aux jeunes (Ansej et Cnac). La femme d’affaires juge que ces programmes sont de l’argent jeté par les fenêtres. «Ce sont des dispositifs qui n’ont pas abouti. La plupart des bénéficiaires de ces programmes ont vendu leur matériel ou ont déclaré faillite», a-t-elle affirmé, imputant cet échec au manque de suivi des projets des bénéficiaires et à la non-sélectivité de ceux-ci. Mme Neghza est aussi revenue sur la règle du 51/49, qu’elle juge comme une véritable entrave à l’attraction des investissements directs étrangers (IDE). Pour elle, l’investisseur étranger va servir l’Algérie. «Si un étranger réalise un hôtel, il ne pourra pas le prendre avec lui. Même s’il part, l’hôtel restera en Algérie », a-t-elle affirmé. Concernant l’industrie automobile, la cheffe de la Cgea estime que c’est un véritable acquis pour l’Algérie, mais que 30 ans pour produire au lieu de faire le montage, c’est beaucoup trop.n