La question des réfugiés et déplacées tend à devenir un véritable sujet d’inquiétude en Afrique. Vingt-deux millions de personnes ont été recensées comme telles en 2018 sur le continent.
Un chiffre alarmant symptomatique de la fragilité de l’Afrique en proie à une multitude de conflits et de situations de guerre. Durant l’année écoulée l’Union africaine comptait plus de 14,7 millions de personnes déplacées et 7,3 millions de réfugiés, soit un total de 22 millions de personnes recensées. Ces chiffres alarmants révélés jeudi à Addis-Abeba par la Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, Vera Songwe, confirment une tendance. L’Afrique représente un peu plus de 16% de la population mondiale, mais elle compte un tiers des populations déplacées, selon les observateurs. « Nous avons recensé dans notre Union 14,7 millions de personnes déplacées et 7,3 millions de réfugiés, soit un total de 22 millions de personnes enregistrées en 2018 », a-t-elle estimé devant les ministres des Affaires étrangères africains réunis lors de leur 34è session ordinaire du Conseil exécutif.
Le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) évalue de son côté qu’en 2018, 30 millions de personnes avaient besoin d’assistance sur le continent africain : sept millions et demi de réfugiés, 630 000 demandeurs d’asile, un million d’apatrides et un demi-million de « retournés », pour qualifier des personnes rentrées chez elles après avoir fui. Sur les 21 millions restants, 18 millions de personnes sont des déplacés internes. Les situations de guerre et d’instabilité sont les principales raisons de cette situation explosive. Le pays le plus touché est la République démocratique du Congo, suivi de la Somalie et du Nigeria. Au cours des six premiers mois de 2018, quelque 2 millions de nouvelles personnes ont été déplacées, principalement de 5 pays (République centrafricaine, Nigéria, Soudan du Sud, République démocratique du Congo et Somalie ». Les chiffres publiés dans certains rapports pour l’année 2018 démontrent que le continent africain représente plus de la moitié des 8,5 millions de nouveaux déplacés internes que compte la planète. « Les femmes sont souvent les plus durement touchées. La proportion de femmes réfugiées au Tchad et au Togo était de 56% en 2017 », déplore la Commission économique de l’Union Africaine. Le statut des réfugiés, des rapatriés et des personnes déplacées en Afrique sera justement au cœur des discussions de la 32ème session du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine qui se tiendra les 10 et 11 février à Addis-Abeba. Un véritable défi pour l’Afrique.
« Réfugiés, rapatriés et personnes déplacées internes : vers des solutions durables au déplacement forcé en Afrique » sera le thème de ce sommet qui se penchera sur cette situation dramatique. Les pays membres de l’UA s’étaient engagés à résoudre les incertitudes qui entourent les réfugiés et les déplacés en Afrique lors du 37ème Comité des Représentants permanents tenue les 15 et 16 janvier dernier. Des situations récentes présentent toutefois des raisons d’optimisme. Malgré l’absence de cadre juridique approprié, certaines évolutions politiques sont encourageantes. A l’instar du rapprochement entre l’Erythrée et l’Ethiopie, ou l’accord de paix signé à Bangui, qui laissent espérer la fin prochaine de conflits qui sont producteurs de ces situations en poussant des centaines de milliers de personnes sur les routes.<