Au Burkina Faso, pays sahélien un tiers du territoire national est sous état d’urgence depuis le 12 janvier dernier. Dans le pays, l’actualité dominante depuis des mois reste celle de la sécurité et de l’aggravation des attaques djihadistes y compris à Ouagadougou la capitale, frappée trois fois en une période relativement brève. Selon les analystes, cette violence a redoublé depuis que le gouvernement burkinabé a rejoint l’organisation régionale de lutte contre le terrorisme, le G5 Sahel, dont il assure la présidence depuis le 5 février dernier.
C’est dans ce texte que le pouvoir en place a décidé de procéder à une vaste réorganisation à la tête de son armée en nommant une série de nouveaux chefs avant-hier jeudi, le président Roch Marc Christian Kaboré a, en effet, signé huit décrets, désignant un nouveau chef d’état-major de l’armée de terre et des nouveaux responsables à la tête des trois régions militaires du pays. Le chef d’état-major général des armées avait déjà été remplacé il y a un mois, avec l’arrivée du général Moïse Minoungou. Le président a également remplacé en janvier les ministres de la Défense et de la Sécurité, contestés par l’opposition et la société civile. Instructeur commando et spécialiste des techniques d’intervention antiterroriste, le colonel Gilles Bationo, 60 ans, devient chef d’état-major de l’armée de terre. Il était jusque-là commandant de la première région militaire (nord).  Le colonel-major Oumarou Sawadogo a été nommé commandant du Groupement central des armées, organe chargé de la logistique. Trois colonels ont été portés à la tête des trois régions militaires du pays (nord, ouest et centre) , tandis que trois autres ont été nommés chefs de division (opérations, formations et renseignements) auprès de l’état-major général des armées. Le Burkina Faso fait face depuis plusieurs mois à une explosion des violences attribuées à des groupes djihadistes, que les forces de l’ordre semblent impuissantes à enrayer, bien qu’elles assurent régulièrement procéder à des opérations contre ces groupes. Trois attaques ont été perpétrées cette semaine, dont une mardi où cinq gendarmes ont trouvé la mort, le jour même où le président burkinabè recevait ses homologues du G5 Sahel pour un sommet consacré à la lutte antiterroriste.  Avant-hier Jeudi, deux civils ont été tués dans une attaque contre une brigade de gendarmerie à Kongoussi, dans le nord. Lundi, 14 civils ont été tués à Kain, toujours dans le nord du pays , frontalier du Mali, dans l’une des plus graves attaques enregistrées à ce jour. Fin janvier, quatre soldats avaient été tués, au lendemain d’une autre attaque qui avait coûté la vie à 10 civils, toujours dans le nord. Et le 10 janvier, douze civils avaient été massacrés dans la même région. Attribuées principalement aux groupes djihadistes Ansar
El l Islam et Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), les attaques ont fait plus de 300 morts depuis qu’elles ont débuté en 2015, quelques mois après la chute du régime de Blaise Compaoré.
La majorité des attaques ont eu lieu dans le nord du Burkina, mais elles se sont aussi étendues depuis l’an dernier à l’est et à l’ouest. La capitale Ouagadougou a été frappée à trois reprises depuis 2016, avec un bilan total de près de 60 morts. La dernière attaque, en mars 2018, avait dévasté l’état-major général des armées, en plein centre-ville.n