La semaine qui s’écoule aura été assez rythmée sur la scène politique, à l’approche de l’échéance de la présidentielle d’avril prochain. Une décantation des positions des uns et des autres est apparue au bout d’une semaine animée. Il reste cependant des inconnues dans la mesure où des formations politiques maintiennent encore le suspense.

L’opinion publique sait, du moins depuis une semaine, que l’Alliance de la majorité présidentielle s’est mise en ordre de bataille pour soutenir une candidature du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, qu’elle appelle d’ailleurs à briguer un cinquième mandat.
La réunion des états-majors de l’Alliance, abritée samedi dernier par le siège du FLN, a marqué en effet la mise en ordre de campagne d’une Alliance, traversée des semaines auparavant par une zone d’ombres et d’interrogations autour du soutien qu’apporterait chacune des formations (FLN-RND-TAJ-MPA) à une éventuelle candidature du Président en exercice.
L’appel au 5e mandat est intervenu juste après la décision du MPA d’apporter son «soutien inconditionnel» au chef de l’Etat, alors que le parti de Amara Benyounès maintenait encore un faux suspense quant à sa position à l’occasion du scrutin présidentiel. En plus des membres de l’Alliance qui ont réitéré leur fidélité au président de la République, l’Ugta et le FCE n’ont pas, eux aussi, dérogé à la tradition.
Les deux organisations ont déclaré, à partir de Batna, leur adhésion à la «continuité».
Chez les autres partis politiques, le Rassemblement pour la culture
et la démocratie (RCD) a pris la décision de ne pas s’engager dans la compétition, annonçant à l’issue d’une réunion de son conseil national, son rejet de toute participation à la présidentielle.
Le même parti n’a pas manqué l’occasion de déclarer qu’il ne compte soutenir aucun des prétendants à la magistrature suprême. Le parti présidé par Mohcine Belabbas est venu, par son choix, renforcer celui du Front des forces socialistes (FFS), qui a tranché auparavant pour le boycott. Le front du boycott compte également d’autres formations, à l’image de Jil Jadid de Sofiane Djilali, dont la position de Zoubida Assoul, présidente de l’Union pour le changement et le progrès (UCP) qui apporte son soutien à la candidature d’Ali Ghediri, a fait éclater le mouvement Mouwatana composé essentiellement de ces deux entités politiques.
Entre ceux qui sont déjà dans le vif du sujet et ceux qui s’inscrivent en faux avec cette consultation électorale, il y a manifestement ceux qui maintiennent encore le suspense, à l’image du Parti des travailleurs et de Talaie El Hourriyet, qui préfèrent temporiser avant de prendre une décision finale. Ces deux partis politiques, qui ont pourtant procédé au retrait des formulaires de candidature pour leurs chefs respectifs (Louisa Hanoune et Ali Benflis), ne comptent trancher la question que vers la fin du mois en cours.
Autrement dit, le suspense qu’ils entretiennent est parti pour durer alors que d’autres prétendants ont entamé la vulgarisation et l’explication de leur programme électoral, à l’image de Makri, chef du MSP, qui multiplie les sorties dans l’espace public de façon à rendre visible sa candidature bien avant l’heure de la campagne.
C’est aussi le cas du général-major à la retraite, Ali Ghediri, dont le staff de campagne continue, aussi bien par des sorties de terrain qu’à travers les réseaux sociaux, de promouvoir la candidature, sur fond de dénonciation d’entraves rencontrées dans la collecte des signatures.
Outre les candidatures annoncées, le FJD d’Abdallah Djaballah, qui se fixe l’objectif de réunir des partis et des personnalités politiques autour d’une seule candidature de l’opposition. A quoi aboutirait une telle initiative qui semble avoir été lancée tardivement ? Les prochaines semaines apporteront sans doute une réponse à cette interrogation et aux autres inconnues qui entourent encore le paysage politique national.