L’Association des personnes de petite taille de la wilaya de Sidi Bel Abbès, présidée par Hocine Belhadj et créée et agréée en octobre 1995, pour défendre les droits de cette frange de la société à une vie décente, poursuit sa lutte pour exiger leur considération et leur reconnaissance comme étant des personnes aux besoins spécifiques et les faire jouir des mêmes droits.

Reporters : Qu’attend la frange des petits de taille des pouvoirs publics ?
Hocine Belhadj : Nous voulons la reconnaissance de nos droits et la considération des décideurs, et l’intégration des personnes confrontées à ce handicap dans la société, car nous vivons des conditions défavorables et nos difficultés et préoccupations sont complètement ignorées par notre Etat. Nous sensibilisons les services publics et l’opinion sur notre besoin d’une vie stable et commode comme le vivent les gens normaux. Nous sommes 70 à être petits de taille vivant dans des conditions précaires et des complications qui ont des conséquences sérieuses sur notre santé physique. La pathologie est lourde et nécessite une prise en charge effective. Nous souffrons de nombreuses complications de santé et nombreux décèdent à un jeune âge.
Notre association, unique en son genre au niveau national, ambitionne de regrouper toutes les personnes petites de taille à travers le territoire national et créer une association nationale pour les sortir de leur isolement et prendre part ensemble à la société afin de pouvoir changer les regards et prouver que ces personnes ont leur place dans la société. Parmi ses actions, l’association lutte contre toute forme de discrimination et contre l’isolement par l’organisation de rencontres festives et la mise en contact des adhérents et apporte un soutien psychologique aux parents qui viennent d’apprendre la petite taille de leur enfant, ou à tous ceux qui vivent mal leur différence, ainsi que la promotion et l’insertion des personnes de petite taille dans leur environnement professionnel et scolaire. Nous aspirons à arracher le droit au travail aux petits de taille détenteurs de diplômes universitaires et diplômés des centres de formation professionnelle, dans le cadre du programme du 1%, emplois réservés aux handicapés au sein des institutions et administrations publiques.

Avez-vous atteint vos objectifs ?

En quelque sorte, un groupe de nos adhérents sont sortis au-delà de leur environnement et organise une exposition-vente en France d’habits traditionnels oranais, réalisés au niveau de l’atelier et confectionnés par une main-d’œuvre de petite taille. D’autres membres ont réussi à intégrer le domaine de la culture et activent parmi des troupes théâtrales et ont même participé au cinéma. Notre association a créé, en 2014, un atelier de couture et signé une convention avec la direction de la formation professionnelle, qui a mis à leur disposition un professeur de couture de très grande expérience. Des attestations de qualification professionnelle leur ouvrent droit à postuler à des micro-projets et à des crédits bancaires. Malgré les difficultés, l’association a réussi à participer à des actions caritatives pour aider d’autres personnes vivant dans la précarité.
Actuellement, nous œuvrons à la concrétisation d’un projet d’une auto-école pour les petits de taille, afin de leur permettre d’obtenir un permis de conduire et d’acquérir des véhicules aménagés.

Quel message voulez-vous transmettre ?

Le message que j’adresse aux pouvoirs publics est que ces êtres ont une volonté et peuvent tout faire s’ils trouvent un soutien.