L’état-major de l’ex-parti unique était présent dans sa majorité, hier, à la Coupole d’Alger pour le coup de starter de la campagne électorale en faveur du candidat de la continuité, Abdelaziz Bouteflika. En présence de tout le staff de l’instance dirigeante du parti, d’anciens ministres et des invités des différentes formations de l’Alliance présidentielle, le FLN a réuni des milliers de personnes. Objectif unique : appeler le président de la République à se porter candidat à la prochaine présidentielle, prévue le jeudi 18 avril 2019.

Pari réussi pour le Front de libération nationale (FLN). La Coupole du Complexe olympique Mohamed-Boudiaf a été prise d’assaut, hier, dès les premières heures de la matinée par une foule nombreuse venue des quatre coins du pays pour assister au meeting du FLN, qui tenait à donner le coup d’envoi, avant l’heure, de la campagne électorale de la candidature attendue du président Abdelaziz Bouteflika.
En effet, dès 8h, des groupuscules portant à bout de bras des affiches à l’effigie du président Bouteflika affluaient vers la salle où devait se tenir le meeting. D’un pas décidé, les militants FLN accéléraient vers la salle. «C’est pour trouver la meilleure place», lance un jeune militant du FLN de 25 ans, venu de Sétif. «Vous voyez cette affiche sur laquelle il y a le slogan «Bouteflika Dyalna», je veux la placer dans un endroit visible avant que la salle ne se remplisse », a-t-il noté. Un groupe d’une dizaine de jeunes accourent également vers la salle. «Nous sommes venus de Chlef et nous faisons partie de l’organisation. Nous n’avons pratiquement pas dormi de toute la nuit », ont-ils indiqué. Des étudiants de plusieurs organisations satellites du FLN, à l’instar de l’Arem et l’Unea, ont pris part au meeting. «Cela fait une semaine qu’on organise ce meeting et qu’on veille à sa bonne préparation. Nous avons mobilisé des étudiants de toutes les filières et à travers l’ensemble du pays pour venir assister à ce rendez-vous très important pour nous », lance un responsable de l’Unea d’Alger. Selon lui, «les étudiants se sont impliqués activement dans la réussite du meeting». Vers 10h, la salle était pratiquement archicomble. Une véritable ambiance de fête où les militants se saluaient et riaient à gorge déployée. Des retrouvailles entre militants qui ne s’étaient pas revus depuis le dernier congrès du parti. La présence féminine était remarquable par des youyous qui fusaient de partout témoignant de la joie de la participation des militantes FLN au meeting. « Bouteflika c’est l’homme de la réconciliation, il a permis le retour de la paix, c’est pour cela que nous le soutenons », lance une militante FLN de Relizane. A côté d’elle, une militante FLN de Blida munie de portraits du Président nous explique : «Nous sommes pressées de faire campagne pour le Président car il a permis à la femme algérienne d’avoir de la considération dans notre pays.» A 11h, le coordinateur de la direction provisoire du FLN Mouad Bouchareb fait son apparition aux côtés des ministres et des membres de l’instance.
Accueillis par «Bouteflika, président !», «Bouteflika dyalna !)» ou encore «Djich chaâb maak ya Bouteflika !», Bouchareb a eu du mal à se frayer un chemin parmi la foule. Prenant tout de suite la parole, le coordinateur de l’instance provisoire du parti FLN, a d’emblée loué les mérites du «moudjahid» président Bouteflika qui, a-t-il dit, a «sacrifié sa vie pour l’Algérie». Tout au long de son intervention, Bouchareb a qualifié le président Bouteflika d’«enfant prodige du FLN et l’officier de la glorieuse Armée de libération nationale». Evoquant le bilan et les réalisations du Président durant ses quatre mandats précédents, Bouchareb a énuméré le retour de la paix, la croissance économique, la construction d’hôpitaux et d’écoles, la réalisation de logements ainsi que la reconquête de la place de l’Algérie sur la scène internationale. Bouchareb a fini son intervention par un appel au nom de «tous les militants et sympathisants du FLN, ici présents en ce jour historique», à présenter sa candidature pour un 5e mandat pour achever son œuvre». «Nous nous engageons à faire une campagne digne de notre président», a-t-il lancé sous un tonnerre d’applaudissements et sous le slogan «Bouteflika dyalna».
Sellal en
guest-star
Le meeting a été marqué par la participation de l’ancien Premier ministre, Abdelmalek Sellal. L’apparition de ce dernier a confirmé sa nomination en tant que directeur de campagne du candidat Bouteflika. C’est en tout cas ce qui a été suggéré par les commentaires des militants FLN présents sur place. A plus forte raison lorsqu’il s’est installé devant Mokhtar Reguieg, le chef de protocole de la Présidence, aux côtés de Hebba El Okbi, secrétaire général à la Présidence de la République. Toutefois, Sellal n’a pas fait de déclarations en dépit de l’insistance de la presse. Salué par l’ensemble des responsables présents sur place, représentés par les actuels ministres à l’instar de Bedda Mahdjoubi et de Tayeb Louh, mais également des ex-ministres qui se trouvent actuellement dans son staff de campagne, à l’instar d’Amar Tou et de Rachid Harroubia. Quoi qu’il en soit, la présence de Sellal a ancré l’idée parmi les militants que la campagne électorale en faveur du candidat Bouteflika a bel et bien commencé. D’autres responsables du parti ont également attiré l’attention des participants.
C’est notamment le cas de l’ancien secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès. Tout sourire, l’ancien patron du parti n’avait plus participé à aucune rencontre du parti depuis sa mise à l’écart en novembre dernier. Mais c’est le seul ex-secrétaire général du parti à être présent au meeting, alors que Amar Saâdani et Abdelaziz Belkhadem ont brillé par leur absence. Beaucoup s’interrogeaient en effet sur les raisons de l’absence de Saâdani et Belkhadem et les spéculations allaient bon train.
En tout état de cause, après les appels des différents partis de l’Alliance pour le chef de l’Etat à se représenter, le FLN a opté pour une démonstration de force pour marquer le début de la campagne. Concernant l’annonce officielle de candidature, il faut rappeler qu’Ahmed Ouyahia a souligné, la semaine passée, qu’elle se fera via une lettre-programme, que le chef de l’Etat compte adresser aux citoyens. Selon des informations, c’est probablement vers la fin de la semaine en cours que le président Bouteflika se prononcera officiellement sur sa volonté de rempiler.n