L’hésitation est toujours en cours chez le Parti des travailleurs (PT) qui, en dépit d’un retrait des formulaires de candidature à la présidentielle d’avril prochain, n’arrive pas à trancher.

Sa secrétaire générale Louisa Hanoune se montre, par ailleurs, «pessimiste» quant à la transparence du rendez-vous électoral vu les pressions et autres pratiques «maffieuses» constatées dans la collecte des signatures. C’est ce qu’elle a indiqué, hier, à l’ouverture des travaux de la session du bureau de wilaya d’Alger de son parti.
Sur la participation ou pas du PT à la présidentielle, Mme Hanoune a affirmé que le bureau politique du parti se réunira à la fin de la semaine en cours pour évaluer la concertation au sein du parti autour de cette question. Cette réunion «va préparer la réunion du comité central, prévue à la fin du mois qui, elle, tranchera définitivement sur cette question de participation ou pas», a-t-elle expliqué. Pour cette large concertation, le parti a lancé au niveau de la base cette question de la présidentielle. Hanoune affirme que «selon les rapports dégagés, il y a un rejet quasi-unanime du maintien de la situation actuelle caractérisée par la décomposition politique et de la poursuite de l’impunité en faveur de la minorité trop riche». «Nous mettons en garde contre cette situation du fait que le front intérieur est trop fragile, le fossé entre la majorité du peuple et les institutions de l’Etat est devenu très vaste. Il y a aussi une continuité du refus à l’égard du régime en place, et ce, dans un monde qui a, lui aussi, changé et devenu dangereux plus que jamais», ajoute-t-elle. Elle a noté, par la même occasion, que le bureau politique ainsi que le comité central du parti « ont décidé de rassembler toutes les conditions juridiques pour que ce comité central puisse prendre seul la décision finale». Il faut, en outre, relever qu’à l’occasion de cette réunion d’évaluation, qui a regroupé les cadres du parti de la wilaya d’Alger, Louisa Hanoune s’est montrée pessimiste quant aux conditions de déroulement du scrutin, estimant que la transparence ne sera pas au rendez-vous. « Dès maintenant, des pratiques mafieuses se manifestent dans les opérations de collectes des signatures en faveur des candidats ainsi que des pratiques de certains responsables dans quelques wilayas», a-t-elle déploré. Sur sa lancée, elle dira qu’il y a aussi «des hommes d’affaires qui investissent dans la campagne électorale pour imposer le statu quo et il en est de même pour les partis politiques qui ont déjà tiré profit lors des élections précédentes». Raison pour elle de soutenir que le prochain scrutin est celui de tous les dangers, parce qu’en cas de recours à la fraude, l’Algérie subira des ingérences étrangères et même si les puissances étrangères manifesteront du silence à cet égard, cela voudra dire que notre pays fera des concessions ». Louisa Hanoune dénoncera, dans ce sens, les pressions occidentales exercées actuellement contre le président vénézuélien Nicolas Maduro pour laisser le pouvoir à l’opposition dans ce pays. Elle s’est par ailleurs montrée très critique à l’égard des partis et des candidats qui se sont engagés dans la bataille de la présidentielle. « Qu’on participe ou pas à cette élection, nous n’allons pas ignorer les choses. Nous n’avons enregistré aucun discours ni aucun programme électoraux qui contiennent des solutions», a-t-elle souligné. Sur un autre volet, Louisa Hanoune a défendu farouchement la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, après les propos de cette dernière qui s’est opposée à l’accomplissement de la prière dans les écoles, ce qui a généré de vives critiques à l’égard de la ministre. Louisa Hanoune dira que « le silence des pouvoirs publics à cet effet est très douteux», ajoutant que «Mme Benghebrit a raison parce que l’école en Algérie est civile». Pour elle, le silence des officiels « est une preuve que ce système porte en lui un certain obscurantisme ».