Le chômage a progressé en Algérie durant l’année 2018, gagnant du terrain chez les différentes catégories d’âge de la population active, pour afficher un taux de 11,7% en septembre contre 11,1% en avril, soit une hausse de 0,6 point, révèle une enquête de l’Office national des statistiques (ONS) intitulée « Activités, emploi et chômage en septembre 2018 ».

Cette avancée a porté le nombre de chômeurs dans notre pays à 1, 462 million de personnes au 9e mois de l’année dernière, alors qu’il était de 1,378 million en avril et 1,440 million en septembre 2017, selon l’ONS. Autrement dit, ce sont 84 000 personnes qui sont venues renforcer, en l’espace de six mois, la population au chômage.
L’ONS relève, par ailleurs, que le taux de chômage est passé de 9% à 9,9% chez les hommes durant la période référence, alors que chez les femmes, il a plutôt réalisé une légère baisse de 1%, passant de 19,5% à 19,4%.
Toutefois, ces taux montrent aussi que le chômage reste prédominant chez la gent féminine. L’enquête de l’ONS fait également part de
« disparités significatives observées selon l’âge, le niveau d’instruction et le diplôme obtenu ».
Déjà fortement affectés par le chômage, avec un taux de 26,4% en avril 2018, les jeunes âgés entre 16 et 24 ans ont atteint 29,1% de la population concernée par le chômage en septembre de la même année, soit une hausse de 2,7 points. Le nombre de chômeurs de cette tranche d’âge est représenté à 24,6% chez les hommes et 51,3% chez les femmes. Chez les adultes, âgés de 25 ans et plus, le chômage a enregistré un taux de 8,9% en septembre avec 7,4% chez les hommes et 15,2%, soit plus que le double, chez les femmes.
Par ailleurs, les chiffres de l’ONS montrent qu’il est plus difficile de décrocher un travail pour un diplômé que pour une personne sans aucun diplôme. En effet, la répartition des chômeurs selon le diplôme obtenu fait ressortir que 668 000 chômeurs n’ont aucun diplôme, soit 45,7% de l’ensemble des chômeurs. Une configuration tout à fait logique, sachant qu’un diplômé cible un poste de travail pour lequel il a été formé, alors qu’un non diplômé est souvent prêt à répondre à toute offre disponible en contrepartie d’un revenu. Dans la même logique, les chômeurs issus de l’enseignement supérieur sont plus nombreux que ceux ayant bénéficié d’une formation professionnelle.
Les premiers représentent 27,9% de l’ensemble de la population en chômage, soit 408 000 cas, alors que les seconds en constituent 26,4%, soit 386 000 chômeurs.
En plus de progresser, le chômage dure chez les personnes concernées, puisqu’une personne sur deux (56,9%) est un chômeur de longue durée qui cherche un poste d’emploi depuis une année ou plus, souligne encore l’ONS, rappelant que les chômeurs sont toutes les personnes âgées de 16 à 59 ans, sans travail et qui ont déclaré être disponibles pour travailler et entrepris des démarches, sur la période considérée, en vue de trouver un emploi.
Marché du travail : timide progression
Si le chômage a marqué des points entre avril et septembre 2018, le marché de l’emploi s’est, quant à lui, montré timide durant cette période, passant de 12,426 millions de postes pourvus à 12,463, alors, soit tout juste 37 000 nouveaux employés, alors qu’en septembre 2017, la population en activité comptait 12,298 millions de personnes, c’est-à-dire plus qu’en septembre dernier, période qui a vu la situation du marché du travail se caractériser par une augmentation « relativement timide » (+0,3%) du volume de la population active par rapport à avril 2018, avec un solde positif de 37 000 personnes.
« Cette augmentation est la résultante d’un léger recul du volume de la population ayant un emploi, associée à une augmentation du volume de la population qui est à la recherche d’un emploi au cours de cette même période avec un accroissement de 84 000 personnes », explique l’office.
Les résultats de l’enquête font également ressortir que la population occupée (personnes ayant un emploi) a été estimée à 11,001 millions de personnes en septembre dernier contre 11,048 millions de personnes en avril dernier, soit une baisse de 47 000 personnes, note l’ONS qui relève que cette baisse est observée essentiellement dans le secteur privé. Cette population est composée de 9,04 millions d’hommes (82,2% de la main-d’œuvre totale) et de 1,961 million de femmes (17,8%). Avec un total de 6,911 millions de personnes employées, le secteur privé absorbe 62,8% de l’emploi, contre 37,2% pour le secteur public qui emploie 4,09 millions de personnes. L’ONS note également que près de 7 occupés sur 10 sont salariés (67,3%), tout en observant que cette part est plus importante auprès des femmes avec un taux de 76,8%, ajoute la même source.
En outre, 16,1% de la main-d’œuvre totale exerce dans le secteur du BTP (construction), 16,1% également dans le commerce, 15,8% dans l’administration publique hors secteur sanitaire, 14,4% dans le secteur de la santé et l’action sociale et 11,7% dans le secteur des industries manufacturières.<