Le message du président de la république annonçant sa candidature pour les présidentielles du 18 avril prochain contient clairement une proposition pour une transition consensuelle. Une transition devenue inéluctable afin de consolider la stabilité du pays sans fragiliser les équilibres internes. Abdelaziz Bouteflika qui annonce son intention de vouloir poursuivre sa mission « dans un esprit de continuité dans l’accomplissement d’un devoir ultime » a, au travers de son message délivré son intention d’impulser des réformes à des niveaux divers. Des réformes auxquelles seront invités à participer tous les acteurs de la société. La conférence nationale proposée par le chef de l’Etat dans un délai très bref c’est-à-dire au cours de cette même année du scrutin présidentiel pourra aussi « proposer un enrichissement profond de la Constitution, dans le respect de ses dispositions relatives aux constantes nationales, à l’identité nationale et au caractère démocratique et républicain de l’Etat ». Il faut se demander si le président Bouteflika, même en cas d’élection et une légitimité renouvelée, n’aura pas besoin d’avoir recours au référendum pour modifier « profondément » la Constitution. Selon l’article 208 du texte fondamental, il est explicitement fait référence que « la révision constitutionnelle est décidée à l’initiative du président de la République. Elle est votée en termes identiques par l’Assemblée populaire nationale et le Conseil de la Nation dans les mêmes conditions qu’un texte législatif. Elle est soumise par référendum à l’approbation du peuple dans les cinquante jours qui suivent son adoption. La révision constitutionnelle, approuvée par le peuple, est promulguée par le président de la République ». Il est manifeste que la question de l’intronisation du poste de vice-président semble déjà dans les esprits après cette proposition-promesse du Président en exercice. Et lorsqu’il s’agit des « équilibres fondamentaux des pouvoirs et des institutions », la sollicitation de l’avis du peuple s’impose, selon toujours la Constitution. Le consensus est largement évoqué dans l’annonce du désormais candidat-président. Un appel qui aura inévitablement son effet sur une classe politique quelque peu désemparée par une situation de blocage qui paraissait sans issue.

Abdelaziz Bouteflika déclare à travers cette invitation à l’électeur son « intention sincère d’associer toutes les forces nationales, politiques, économiques, associatives et syndicales à la poursuite de la construction de notre démocratie». La conférence nationale à laquelle appelle le président de la République aura pour objectif de «proposer des solutions ralliant le consensus le plus large possible ». Cette annonce devrait irrémédiablement booster des élections présidentielles qui s’annonceront désormais disputées. Avec l’idée de l’après présidentielle qui rythmera irrémédiablement la campagne. Le président de la République qui se représente ainsi officiellement pour un nouveau mandat avec comme promesse une véritable impulsion des réformes influencera inévitablement la compétition pour le poste de chef d’Etat.