La droite et l’extrême-droite en Espagne se mobilise en perspective du procès des indépendantistes catalans, mardi prochain, et fait pression sur le gouvernement socialiste de Pedro Sanchez. Hier, ces forces politiques ont fait défiler dans les rues de Madrid des milliers de personnes militantes et sympathisantes. Ils ont accusé le gouvernement d’avoir « trahi » l’Espagne en dialoguant avec les indépendantistes catalans. Brandissant des drapeaux espagnols et des pancartes clamant « Stop Sanchez », les manifestants se sont rassemblés sur la place Colon, dans le centre de la capitale, deux jours avant l’ouverture du procès historique de douze anciens dirigeants indépendantistes pour leur rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne d’octobre 2017.  Le mot d’ordre de la marche « Pour une Espagne unie, des élections maintenant » a été lancé par le Parti Populaire (PP, droite) et les libéraux de Ciudadanos, auxquels s’est joint le parti d’extrême droite Vox ainsi que plusieurs formations radicales d’extrême droite comme la Phalange. « Le temps du gouvernement Sanchez est terminé », a déclaré le numéro un du PP Pablo Casado avant le début de la manifestation. « Nous sommes ici pour dire non au séparatisme et oui à l’Espagne », a indiqué pour sa part celui de Ciudadanos, Albert Rivera, tandis que le leader de Vox, Santiago Abascal a dénoncé la « trahison d’un gouvernement illégitime et menteur soutenu par les ennemis de l’Espagne », en référence aux indépendantistes catalans.  Le PP, Ciudadanos et Vox – qui se sont récemment alliés en Andalousie (sud) et que des sondages donnent en mesure de former une majorité au niveau national – reprochent à M. Sanchez son dialogue avec les indépendantistes catalans. M. Sanchez les a accusés de représenter une « Espagne en noir et blanc qui propose seulement de faire marche arrière ». Ces trois partis, qui ne cessent d’accuser M. Sanchez de céder au « chantage » des indépendantistes catalans, ont appelé leurs sympathisants à descendre dans la rue après le tollé général suscité cette semaine par le feu vert du gouvernement à la présence d’un « rapporteur » indépendant pour faciliter un futur dialogue entre les partis politiques catalans. Malgré cette concession, le gouvernement et les indépendantistes catalans, qui ont permis à M. Sanchez d’arriver au pouvoir en juin et dont il a absolument besoin pour faire adopter son budget, se sont mutuellement accusés vendredi d’avoir rompu le dialogue. En cas de rejet du budget, M. Sanchez pourrait se voir contraint de convoquer des élections anticipées avant la fin de la législature en 2020.