«La Corée du Nord et les Etats-Unis ont décidé de continuer les négociations dans un pays tiers en Asie durant la semaine, le 17 février», a déclaré à la presse Kim Eui-kyeom, sans autre précision. La veille, l’émissaire des Etats-Unis pour la Corée du Nord Stephen Biegun, qui venait de se rendre dans le pays reclus, avait souligné qu’il y avait encore du travail à faire avec les Nord-Coréens pour préparer la rencontre. M. Biegun a terminé vendredi une visite de trois jours à Pyongyang. Selon le département d’Etat américain, les discussions ont porté sur «une dénucléarisation complète, la transformation des relations Etats-Unis/Corée du Nord, et la mise en place d’une paix durable sur la péninsule coréenne ». Lors de leur première rencontre en juin 2018 à Singapour, les chefs d’Etats nord-coréen et américain, MM. Kim et Trump avaient signé une déclaration vague en faveur de « la dénucléarisation de la péninsule coréenne ». Mais aucun progrès n’a été réalisé depuis, les deux parties s’écharpant sur le sens exact de cet engagement. Les analystes estiment que leur deuxième rencontre devra déboucher sur du concret pour ne pas raviver la crise nucléaire nord-coréenne. Parmi les sceptiques se trouve le propre patron du renseignement de M. Trump, Dan Coats, qui a jugé « peu probable » que la Corée du Nord « abandonne toutes ses armes nucléaires et ses capacités de production ».
Troupes américaines, Séoul annonce une hausse de quasi 10% de sa contribution
En ce qui concerne le bilatéral sécuritaire entre Séoul et Washington, la Corée du Sud a annoncé avoir accepté d’augmenter de près de 10% sa participation au coûts de déploiement de dizaines de milliers de soldats américains sur son sol, réglant un différend avec son allié. La guerre de Corée (1950-53) s’est achevée par un armistice et non un traité de paix et les Etats-Unis déploient plus de 28 000 soldats en Corée du Sud pour la protéger de la Corée du Nord. Mais le président américain Donald Trump a souvent dénoncé le coût de ce déploiement. D’après la presse sud-coréenne, Washington demandait à Séoul de doubler sa contribution aux frais. L’accord annoncé dimanche par le ministère sud-coréen des Affaires étrangères prévoit le versement par Séoul d’environ 1 040 milliards de wons (816 millions d’euros) pour 2019. Il s’agit d’une augmentation d’environ 8,2% par rapport à la contribution annuelle fournie par la Corée du Sud au terme d’un accord quinquennal arrivé à expiration fin 2018. Les Etats-Unis exigeaient « une énorme » augmentation de la contribution sud-coréenne, a poursuivi le ministère, mais les deux pays ont réussi à conclure un accord qui reflète « l’état de la sécurité sur la péninsule coréenne ». Ils ont « réaffirmé (…) l’importance d’une alliance solide entre la Corée du Sud et les Etats-Unis et le besoin d’un déploiement stable des troupes américaines », a poursuivi le ministère. Certains craignaient que M. Trump ne se serve de la querelle sur les coûts comme prétexte pour retirer les troupes américaines. Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un devraient discuter d’une déclaration officielle pour mettre fin à la guerre, qui serait le prélude à un traité de paix, lors de leur sommet prévu fin février au Vietnam. Lors de leur premier sommet à Singapour en juin, le président américain avait annoncé à la surprise générale sa décision de suspendre les exercices militaires entre Washington et Séoul. La semaine dernière, M. Trump a déclaré sur CBS qu’il n’avait « aucun projet » de retirer les troupes américaines dans le cadre d’un compromis qui serait conclu à Hanoï mais a ajouté que cela pourrait arriver «peut-être un jour». «Cela coûte très cher de maintenir des troupes là-bas», avait-il ajouté. L’accord n’est valable que pour un an et les deux parties devraient retourner à la table des négociations. Il entrera en vigueur après avoir reçu le feu vert de l’Assemblée nationale sud-coréenne, attendu en avril, selon l’agence Yonhap.n