Hier, vers 13 heures, une animation inhabituelle régnait devant le siège de l’APC de Tlemcen. Et pour cause. Le candidat Rachid Nekkaz était annoncé, entre 13h et 13h30, via sa page Facebook, venant de Sidi Bel Abbès, en vue de la collecte et la signature des formulaires. Une bande de baltaguia, visiblement chauffés à blanc, attendent de pied ferme Rachid Nekkaz et font place nette sur le parvis de l’APC et au niveau du périmètre immédiat de l’édifice. Ils ciblent surtout les jeunes et les gens bien mis. Les baltiguia ne tarissent pas en obscénités et donnent des coups de pied à l’aveuglette. « Circulez ! Il n’y a rien à… signer ! » Deux jeunes, en train de remplir les formulaires, sont malmenés et les documents déchirés sous le regard passif du policier en faction devant l’APC. De paisibles citoyens venant accomplir les formalités inhérentes à la carte grise se voient contrôler comme des malfrats : les baltaguia veulent s’assurer qu’ils ne détiennent pas de formulaires «partisans ». Protestant contre ce «racket », une jeune fille se voit traiter de p… Quant aux jeunes qui font le pied de grue, s’ils ne sont pas dispersés violemment, ils sont taxés de fils de harka et de pé… Le chargé de la distribution des formulaires est chassé manu militari sans demander son reste. Le vice-président (FLN) de l’APC crie aux baltaguia : « Délestez les jeunes de leur portable s’ils s’avisent à lui faire de la pub, on ne veut pas de la propagande d’un agent français ! » Un citoyen, qui avait affaire à l’APC, est molesté en prenant la défense d’un jeune. Des agents en civil (RG) suivent la scène sans réagir. Une Scoda arrive, à son bord un officier de la Sécurité publique. On sent une certaine familiarité entre lui et les baltaguia à travers les étreintes et les compliments au sujet de la victoire du WAT. « Dispersez-les, mais sans violence, vous êtes tous des jeunes », leur conseille le commissaire, avant de quitter les lieux. Coup de théâtre : une marée humaine « haineuse » s’ébranle du parvis de l’APC et déferle vers le tribunal administratif voisin, là où Rachid Nekkaz et son staff débarquent pour se prêter, a priori, à un bain de foule. Mais c’était sans compter sur la furie des baltaguia qui l’empêchent de marcher en proférant des insanités et des injures à son endroit : « Ici, c’est le bled du raïs, vous n’êtes pas le bienvenu. On ne veut pas de juif chez nous ! Ici, c’est la terre des chouhada, dehors les harka !» Avant de le malmener et le tabasser alors que son attaché de presse est roué de coups également sous le regard indifférent d’un officier de police qui suit la scène depuis le perron du tribunal. Sur ces entrefaites, une Golf de la gendarmerie passe. Rachid Nekkaz demande de l’aide, en vain. L’infortuné candidat est acculé jusqu’au niveau du rond-point de Bab Wahran, devant le siège de la 2e Sûreté urbaine. Là, Rachid Nekkaz a failli être lynché par la bande de baltaguia sans scrupules, n’était l’intervention tardive de policiers en civil qui l’« exfiltre » difficilement de la foule déchaînée avant de l’embarquer de force dans un taxi bloqué dans la file de voitures à cause de l’incident. Le véhicule de « secours », submergé par les coups et les cris de ces psychopathes, arrive à se frayer un chemin pour se diriger, a priori, vers les UMC. Un fourgon des forces anti-émeute arrive sur les lieux. Une démonstration de force tardive pour ne pas dire vaine. D’ailleurs, on n’a constaté aucune interpellation à la suite de cette agression caractérisée, ajoutée à un trouble de l’ordre public. Et si par hasard, une fouille corporelle est faite ? Une fois leur mission accomplie ou plutôt leur sale besogne commanditée, les baltaguia reviennent au siège de l’APC, en scandant des slogans de triomphe, non sans tenter de vandaliser le bus « complice » garé devant le tribunal. Auparavant, et c’est ce qui explique son retard, Rachid Nekkaz s’était rendu au «Diplomate », un café situé à Oudjlida (Tlemcen), où il a pris sans incident des selfies et fait un brin de causette avec des citoyens, relations publiques obligent, avant de monter dans un bus privé avec son staff et des sympathisants pour se rendre à l’APC de Tlemcen où il tombe dans un véritable guet-apens « flniste »…