La gestion de l’aire maritime du site naturel protégé dit des trois anses de Kouali (située dans la commune de Tipasa) vient d’être cédée à des investisseurs privés qui feront payer l’entrée aussi bien du site que la plage, dès l’ouverture de la saison estivale prochaine, apprend-on auprès de sa responsable Amel Ait Aïssa.

Rencontrée sur le site, qui vient de bénéficier de la réalisation d’un grand parking, d’une voie piétonne pour aller à la découverte de la zone en longeant la plage et de quelques aménagement légers pour accueillir les visiteurs, la nouvelle gestionnaire est consciente de la beauté et de la fragilité de la zone naturelle, mais aussi de la difficulté de la tâche qui consistera à veiller à sa protection face à un public peu soucieux des questions de l’environnement. La décision de céder le site à la gestion privée avait été prise il y a quatre ans, lors d’une session de l’APW qui avait été consacrée au secteur de l’environnement prise avec l’accord du ministère et cette décision avait été justifiée par le problème de gestion auquel étaient confrontés deux projets (l’aire protégée de Kouali et le jardin public) réalisés avec les deniers publics et qui étaient à la recherche d’une solution pour leur gestion, la commune de Tipasa n’étant pas en mesure de la prendre en encharge. Le précédent wali Mostefa Layadi avait créé une EPIC de wilaya chargée des espaces verts, de l’éclairage public, de la voirie et de la prise de ces projets destinés à offrir des espaces de détente et de loisirs aux familles et aux visiteurs, mais celle-ci n’est pas en mesure de le faire vu l’ampleur de la tâche à laquelle elle est confrontée. Lors de l’annonce de la décision, il a été expliqué que le site de Kouali qui a mobilisé une enveloppe de 27 millions de dinars était livré à l’abandon, aux voyous et autres dégradations alors que ni l’APC ni le CNL (Commissariat national du Littoral) ne sont en mesure de le gérer faute de moyens et de personnel qualifié. Les gestionnaires de ces projets, qui ont mobilisé un investissement important des pouvoirs publics, sont soumis an strict respect d’un cahier des charges pour ne pas les transformer en espaces commerciaux, alors que leur vocation est plutôt de veiller à la protection et à la sensibilisation à la nature et à l’environnement. Le site dit « des trois anses de Kouali » fait partie des trois sites retenus, à l’échelle nationale, par le ministère de l’Environnement, à savoir les « Iles Habibas » à Oran et « Rachgoune » à Tlemcen et celui de Kouali à Tipasa qui ont été inscrits dans le cadre du PSRE (Plan de soutien à la relance economique) et à travers un projet de coopération algéro-française, pour créer des zones naturelles protégées. Les trois sites ont, en effet, bénéficié d’une enveloppe financière de 3 millions d’euros dont 1,2 million d’euros accordés par le Fond Français de l’environnement mondial tout en profitant de l’appui technique et de l’accompagnement du Conservatoire français du littoral (CFL) qui travaille en collaboration avec le Commissariat national du littoral (CNL). Les enjeux de la protection de ce site naturel du littoral tipasien fait état du diagnostic réalisé à la suite de plusieurs visites des experts en environnement, les responsables du bureau d’études ont axé leurs interventions sur les aménagements paysagers et architecturaux proposés pour faire de ce site, en plus de son rôle initial à savoir un lieu de détente et de loisirs pour les familles, un lieu de découverte des richesses marines et florales de la région et d’éducation à l’environnement à travers l’aménagement de parcours piétons destinés à la découverte et à l’interprétation. Le site, est constitué des trois anses de Kouali, qui renferme une diversité bio marine très importante avec, entre autres, le récif barrière de l’herbier de Posidonie ainsi que les trottoirs de vermets. L’étude a veillé à réorganiser le faciès de la végétation constituée d’une brousse d’oléo lentisques et d’oliviers tout en protégeant le cordon littoral qui fait l’objet de prélèvement de bois et accélère, par conséquent, l’érosion ainsi que les espèces remarquables de plantes bulbeuses telles que le narcisse et le colchique présentes dans cette zone et les récifs de l’herbier de Posidonie considéré comme le poumon vert des fonds marins ou nichent de nombreux poissons. En plus de la protection des espèces endémiques et des points de vue paysagers fabuleux, les responsables du secteur espèrent faire de ce site des anses de Kouali un site vitrine pour la nouvelle politique de reconquête du littoral. La mise en valeur des trois anses, grâce à des aménagements pour les visiteurs, l’installation de pavillons en bois d’accueil du public à l’entrée est et ouest du site, l’installation de buvettes, la mise en place de panneaux signalétiques ainsi que la plantation de nouvelles espèces de plantes à lentisques oliviers ou même des pins d’Alep dans les endroits protégés des embruns marins sont les quelques propositions d’aménagement faites par l’étude qui interdit l’accès des véhicules au site. Celui-ci vient de bénéficier de la construction d’un parking de plus de 500 places. n