Les vétérinaires de la wilaya de Tizi Ouzou estiment que la prolifération, ces dernières années, des maladies animales est due essentiellement à l’absence de contrôle sanitaire et médical du cheptel toutes filières confondues qui, d’après eux, est exercé dans l’informel.

Un réel cri de détresse lancé par les médecins vétérinaires qui plaident pour la nécessité d’une mise en place d’un système d’indentification national du cheptel toutes filières confondues depuis sa naissance jusqu’à son abattage, mais aussi d’une fiche technique de suivi des animaux dont l’objectif est de veiller sur la préservation de la santé publique. Ainsi, a-t-on insisté sur l’identification des éleveurs. « La production de la protéine animale toutes filières confondues (avicole, cunucole…) est exercée dans le marché de l’informel. Ceci dit, l’authenticité et l’identification du cheptel font défaut que ce soit au niveau local ou national », dira Nacer Idris, vétérinaire au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou.
En effet, cinq maladies animales continuent à apparaître ces dernières années et ce, malgré les dispositions mises en place par les directions de l’agriculture du pays. A citer, la fièvre aphteuse, la brucellose, la tuberculose, la rage, mais aussi la peste des petits ruminants (PPR) qui a fait son apparition ces derniers mois en Algérie. « Les éleveurs de toutes les filières animales exercent leur activité dans le marché informel. Ce qui a généré la prolifération de ces maladies ».
Pour remédier à cette situation, il faut qu’il y ait la traçabilité de la chaîne d’élevage sur le plan médical, notamment par la mise en place des boucles d’oreille pour les animaux afin de veiller sur la santé du citoyen, comme cela se fait dans les pays développés », a-t-il insisté. Dr Nacer Idris est revenu sur les prérogatives de la traçabilité du système de bouclage du cheptel sur l’économie nationale, puisque d’après lui, ce système permettra de recenser avec exactitude le nombre de cheptel existant au niveau de chaque wilaya du pays  et bien sûr, réduire les coûts des importations des aliments animaux (maïs, soja…). Le même interlocuteur a précisé que les œufs qui se vendent « illicitement » sur le marché et  échappent à tout contrôle sanitaire est une atteinte à la santé du citoyen. Pour cela, il a mis en exergue la nécessité de la mise en place d’un système de contrôle de la chaîne de production de ces œufs. Dans le même ordre d’idées, les vétérinaires réclament la même considération  au même titre que les médecins puisqu’ils sont une autorité sanitaire  pour préserver la santé publique. Tout en remettant en cause le manque de moyens qui leur ont été accordés pour veiller sur la sécurité alimentaire  du cheptel.  « Les vétérinaires ont acquis un savoir-faire sur l’hygiène et l’inspection des denrées alimentaires, la toxicologie, l’anapate.
Malheureusement, certains vétérinaires ne disposent pas de moyens pour intervenir dans la préservation de la santé publique. Avant d’ajouter : « Les vétérinaires ont leur mot à dire dans le contrôle de la production de la protéine animale puisqu’ils peuvent saisir l’éleveur sur les techniques d’élevage et par la suite, s’ils trouvent des anomalies, ils peuvent faire recours à loi. La solution définitive étant de passer à la traçabilité et l’identification de toutes les filières animales », a-t-il noté. Dr Nacer Idris a plaidé pour la spécialisation de segments de chaque filière animale, notamment les marchés, les abattoirs, l’industrie de biotransformation des viandes. Ces segments, dira-t-il, sont liés directement au secteur d’élevage animal. Cette spécialisation permettra à la viande provenant de l’élevage algérien d’être appréciée en Europe. « Au moment où nous allons avoir un certificat international d’indemnité contre la fièvre aphteuse pour la vente de notre cheptel sur le marché international,  nous avons constaté l’apparition de la fièvre aphteuse. Idem pour la tuberculose qui a causé l’abattage collectif de 450 têtes dans la localité de Draâ Ben-Khedda. Cela est dû au laisser-aller du contrôle de notre cheptel, c’est pour cela qu’il faut aller vers l’organisation de chaque filière animale », a-t-il avoué.n