La 15e édition du Salon international des équipements, des technologies et des services de l’eau, inaugurée hier au Palais des expositions par le ministre des Ressources en eau, M. Hocine Necib, en présence de plusieurs membres du gouvernement, a été l’occasion de faire le point sur les dernières innovations. Plus de 6 000 visiteurs y sont attendus.
Des innovations que les participants tentent de mettre au-devant de la scène dans l’espoir de gagner des marchés dans le secteur, qui sera renforcé par la réception de deux nouveaux barrages d’eau et par des projets de quatre méga-stations de dessalement au niveau de la capitale, El Tarf, Béjaïa et de Skikda. Sans oublier que le secteur de l’eau bénéficie d’une enveloppe de 197,145 milliards de dinars dans le cadre de la loi de finances 2019. «Cette édition se distingue par rapport aux autres par sa palette d’innovations.
C’est le but qu’on a cherché à atteindre depuis la première édition de ce Salon. Aujourd’hui, on a des innovations dans l’industrie de l’eau avec des taux d’intégration très appréciables», souligne le ministre dans une conférence de presse. Ainsi, le groupe multinational Siemens expose, lors de ce Salon qui abrite 150 exposants nationaux et étrangers, sa toute dernière innovation dans le pompage des eaux, fabriquée à 100% en Algérie. Une machine qui économise l’énergie et l’argent et qui fait déjà l’objet de demandes de la part de groupes internationaux. L’Entreprise nationale de charpente et de chaudronnerie, filiale du groupe industriel Imetal, a fait part d’un projet de réalisation du premier bateau drague en Algérie, pour aspirer la vase au niveau des barrages, avec un taux d’intégration de 60%. Dans cinq ans, ce taux atteindra les 100%. Cette innovation est une première en Afrique ainsi que dans le monde arabe. Cette filiale chapeaute également un projet de réalisation de la première station monobloc, made in Algeria à 100%, pour le traitement des eaux potables superficielles. «Grâce à ces réalisations, l’Algérie n’importera plus les monoblocs et ne louera plus de bateaux dragues.
Au cours de cette année, on aura trois bateaux dragues opérationnels», assure la représentante de cette entreprise. Seaal a également innové cette année en matière de communication. Elle a lancé, hier, en présence de Necib, l’agence en ligne Wakalati, qui offre des services digitaux. L’application est connectée en temps réel et de manière sécurisée sur la base de données clientèle de l’entreprise pour fournir des informations actualisées aux clients. Des informations sur les coupures d’eau, l’historique des consommations et les soldes du compte client avec la possibilité aussi de visionner et d’éditer les factures en ligne entre autres. Cette agence offre d’autres prestations, tels le e-paiement par la carte CIB ou Edahabia. Par ailleurs, les clients peuvent effectuer, en ligne, des réclamations sur les fuites ou les débordements d’eau. Seaal a signé, en outre, un contrat cadre avec Algérie Poste pour faire bénéficier ses clients des services et prestations de cette dernière, en matière de paiement notamment. «Cette agence en ligne du Seaal innovation est très importante dans les services publics et touchera progressivement les autres wilayas. Cette édition traduit les orientations du gouvernement pour conforter les capacités locales et le produit made in Algeria. C’est dans ce but qu’on a lancé uniquement des appels d’offres nationaux, à l’exception d’un seul en 2018, pour la prise en charge des programmes de réalisation qui a été exceptionnel l’an dernier, d’une valeur de plus de 400 milliards de dinars», soutient le ministre, précisant que l’hydraulique figure toujours parmi les secteurs prioritaires.
55 milliards de dollars alloués au secteur de l’eau depuis 2000
De l’an 2000 à ce jour, rappelle-t-il, 55 milliards de dollars ont été alloués au secteur de l’eau. Le ministre a signalé que dans le cadre de l’éradication de la boue au niveau des barrages, des appels d’offres nationaux ont été lancés l’an dernier, et ce pour évacuer 45 millions de m3 de boue dans 10 barrages. Interpellé sur la stratégie nationale de lutte contre les inondations, le ministre a rappelé qu’elle a été élaborée avec le soutien de l’UE. Il s’est agi, dans cette stratégie, d’identifier les zones à risques, qui sont au nombre de 789, et de dégager un plan de prévention. Ce dernier a abouti à la mise en place d’une centaine de systèmes d’alerte et de pré-alerte au niveau national. «Le but est d’arriver à mettre en place un réseau national de systèmes d’alerte contre les inondations», indiquera-il.
Depuis l’an 2000 à ce jour, souligne-t-il, 55 milliards de dollars ont été octroyés au secteur. «L’eau demeure l’un des secteurs prioritaires du pays, en matière d’investissement comme en matière de législation. Un bon nombre de projets sont en cours tandis que d’autres seront bientôt lancés, dans le cadre notamment du schéma national de l’eau 2030. Il s’agit surtout de projets de mobilisation des ressources dans une optique de diversification et de sécurisation. Le but est d’atteindre les taux les plus élevés possibles avec le concours des capacités nationales», soutient-il, précisant que des méga-projets de transfert sont confiés à des bureaux d’études algériens.<