Prévue pour mardi prochain, la cérémonie d’ouverture publique des plis des offres techniques faites dans le cadre de l’appel d’offres portant sur la réalisation de
150 mégawatts de puissance photovoltaïque et lancé, début décembre dernier, par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (Creg), a finalement été reportée au 8 avril prochain. 70 opérateurs ont déjà déposé leurs offres.

Ne seront retenues que les offres les moins disantes conformes aux critères établis par la Creg. Les investisseurs qui remporteront ce marché vont construire en toute propriété plusieurs centrales électriques solaires photovoltaïques dont la capacité totale est de 150 mégawatts. Ils devront créer une société de projet qui aura pour missions de concevoir, financer, construire, posséder en toute propriété, d’exploiter et d’assurer la maintenance de la centrale, dont l’énergie électrique produite sera vendue en totalité et exclusivement à l’acheteur qui sera désigné par le ministre de l’Énergie, dans le cadre d’un contrat de cession (PPA) qui sera conclu entre l’investisseur et l’acheteur désigné. Il est par ailleurs expliqué dans l’appel d’offres que tout investisseur soumettant une offre devra fournir des preuves de sa volonté de réaliser le projet solaire conformément aux dispositions du cahier des charges. Ces preuves consistent en la fourniture, au moment du dépôt de l’offre, des documents (contrats ou lettres d’engagement) prouvant ce qui suit : le choix d’une société EPC (engineering procurement and construction : ingénierie, approvisionnement et construction) de droit algérien qui sera chargée de la réalisation du projet, le choix d’une société de droit algérien chargée de l’exploitation et de la maintenance des installations qui seront réalisées, les capacités financières permettant de participer au financement du projet. Dans le cas où l’investisseur prévoirait de réaliser lui-même la centrale, il doit fournir les documents prouvant sa capacité technique à réaliser ce type de projet. Les centrales en projet seront mises en place dans des régions du Sud. Ainsi, 50 mégawatts (MW) seront déployés à Guerara, dans la wilaya de Ghardaïa, 50 autres à Diffel, dans la wilaya de Biskra, trois centrales de 10 MW chacune dans les localités de Meggarine, Nezla et Belhirane, dans la wilaya de Ouargla, et enfin deux centrales de 10 MW chacune à Tendala et à Nakhla, dans la région d’El-Oued.
Branchements illicites sur le réseau électrique :
11 milliards de dinars de pertes
Comme on peut le constater, ce projet de 150 MW est constitué de plusieurs centrales solaires photovoltaïques de puissance unitaire de 10 MW avec des quantités d’énergie annuelles produites d’environ 20 GWh par centrale. Seules les entreprises nationales, publiques ou privées, basées en Algérie, peuvent postuler à cet appel d’offres. Le projet des 150 MW va contribuer à augmenter la part du renouvelable dans le mix-énergétique, et, partant, à relever le volume de la production de l’électricité de manière générale, et à rendre le bilan énergétique plus solide. Et lorsque, la Société algérienne de distribution de l’électricité et du gaz (SDC), filiale du groupe Sonelgaz, traite du bilan général, elle met en avant le côté le plus positif du bilan. Mais elle en explore également le côté négatif. Et elle l’a fait hier à l’occasion d’une rencontre organisée par la Commission de régulation de l’électricité et du gaz avec les associations de protection des consommateurs, en présence du ministre de l’Energie, Mustapha Guitouni. En effet, la SDC a révélé qu’elle a perdu en 2018, plus de 11 milliards de dinars à cause des branchements illicites sur son réseau électrique. La quantité d’énergie électrique perdue en 2018 est estimée à 2 430,5 MWh, engendrant un préjudice financier estimé à 11,182 milliards de dinars. Ce préjudice est dû essentiellement à des connections clandestines au réseau d’électricité, à la manipulation illicite des comptages de l’énergie, ainsi qu’aux procédés visant à réduire en partie ou en totalité l’énergie consommée effectivement.
D’après les représentants de la SDC, 20.555 plaintes ont été déposées durant les trois dernières années pour fraude. Concernant les agressions des ouvrages (non respect de la distance de sécurité entre les constructions et les installations électriques et gazières), la SDC a recensé en 2018 pas moins de 14 082 ouvrages électriques agressés et 9 232 ouvrages gaziers agressés. En outre, 2 688 atteintes de tiers sur le réseau électrique, dues aux travaux et construction à proximité ou sous les lignes électriques, ont été enregistrées au niveau national. Ces atteintes sont à l’origine de 19 des incidents enregistrés durant 2018, selon les mêmes données. Quant aux atteintes de tiers sur les canalisations du gaz, leur nombre s’est élevé en 2018 à 5 768 atteintes provoquant 76% des incidents enregistrés durant la même année.<