Le 23 janvier dernier, la Confédération africaine de football (CAF) avait décidé de bannir
Al-Ismaïly SC de la Ligue des champions. C’était en se basant sur le rapport de l’arbitre qui a décidé d’arrêter le match entre la formation égyptienne et son homologue tunisienne, le Club africain, face à un public courroucé et déchaîné. Mais voilà que pas plus tard que dimanche, la CAF a décidé d’approuver le recours interjeté par la formation d’Al-Ismaïlia et de la réintégrer au tournoi continental. Un fait aussi inattendu qu’inédit. Et en jetant un œil sur le code disciplinaire, on remarquera qu’il a été, tout bonnement, contourné. Explications…

L’Etoile sportive du Sahel (Tunisie) en 2012 et l’ES Sétif en 2014 n’ont pas eu droit à cette indulgence de la structure footballistique en Afrique. Pour les mêmes raisons, les deux clubs ont été exclus de la compétition dès la phase de poules. Aussi, l’Entente a même été contrainte à payer une amende et jouer sans public la saison d’après lors de sa campagne continentale. Mais voilà qu’Al-Ismaïly SC s’est vu réhabiliter par l’instance d’Ahmad Ahmad.
Une décision pour le moins incompréhensible et un précédent qui ouvre la porte aux supputations. En tout cas, l’explication officielle du côté du Caire est que « le terrain n’a pas été envahi » et « l’agression de l’équipe visiteuse n’a pas pu être établie par les rapports des officiels les vidéos du match; ou par tout incident signalé », c’est ce qui a été stipulé dans le communiqué publié sur le site de la CAF dimanche soir.
y a-t-il eu transgression ?
En tout cas, ce verdict est intervenu 17 jours après l’introduction de recours des «Daraweechs», qui ont envoyé leur mémoire d’appel le 2 février 2019, la requête a eu comme suite la réhabilitation d’Al-Ismaïly SC réadmis dans la poule « D » de la C1. Un retour quasi-improbable rendu possible par l’institution d’Ahmad Ahmad et sa commission de discipline qui a, quelque part, transgressé le code disciplinaire qui régit ses tournois.
En effet, le règlement stipule dans le chapitre XII, article 3 du règlement des compétitions que : «Si l’arbitre est obligé d’arrêter le match avant la fin du temps réglementaire en raison d’une invasion du terrain ou d’une agression contre l’équipe visiteuse, l’équipe hôte sera considérée comme perdante et sera éliminée de la compétition, sans préjudice des sanctions prévues dans le règlement.»
Ainsi, le 23 janvier dernier, la sanction était tombée en bannissant, littéralement, les coéquipiers de Christopher Mendouga de la LDC africaine : «le Comité d’organisation des compétitions interclubs et des licences de club a décidé, le 23 janvier 2019, d’éliminer Ismaily SC de la Ligue des Champions 2018/2019 et que tous les résultats des matches auxquels l’équipe a participé sont annulés sans préjudice d’autres sanctions pouvant être imposées par le conseil de discipline de la CAF», stipulait la CAF sur sa plateforme informatique. Mais voilà que cette mesure a été rendue nulle. Cela pourrait, à l’avenir, ouvrir la porte à la jurisprudence pour les autres clubs s’ils se retrouvent dans ce cas de figure. Sacrée casserole.
L’accueil de la CAN
aurait pesé
Le fait que la CAF se soit rétractée a nourri les interprétations. Et il y en a qui tiennent la route. On évoquera la tenue de la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN 2019) au pays des Pyramides (21 juin au 19 juillet). Se mettre à dos une ville du pays hôte qui, plus est, abritera des matchs de la messe biennale n’est pas la plus sage des décisions. Surtout qu’on a eu un aperçu sur les hostilités dans des enceintes égyptiennes où il y a de fortes tensions quand il s’agit des matchs importants.
Ainsi, la CAF aurait trouvé la « faille » en notant que le terrain n’a pas été envahi et que la délégation du Club africain n’a pas été agressée. Cependant, le referee de la rencontre a tenté, à plusieurs reprises, de reprendre la partie sans y parvenir. C’est pour illustrer la gravité de la situation.
Le CS Constantine doit revoir ses calculs
En plus d’alimenter les accusations, cette décision obligera l’instance confédérale à rétablir le calendrier pour le groupe « C » où figure le représentant algérien, le CS Constantine. Les « Sanfir » étaient quasiment qualifiés après l’exclusion du représentant d’Egypte. Ils comptaient 6 points en deux sorties. Mais maintenant, ils devront affronter Al-Ismaïly pour les 3e et 4e journées.
Cela les contraindra à se reconcentrer pour essayer d’engranger d’autres points et se hisser en quarts de finale. Le bon côté des choses est que les Algériens ne vont pas évoluer dans un climat hostile chez les Egyptiens car ces derniers sont déjà avertis et savent qu’ils reviennent de loin.
In fine, notons qu’avec le retour des « Ismaïlis », les points de leurs précédents matchs sont restitués. Le TP Mazembe se retrouve 2e avec 6 unités derrière les Constantinois qui ont le même total mais un match en moins. Le Club africain est 3e (3 points) alors que les Egyptiens ont un compteur vide. n