L’annonce de la candidature du président de la République Abdelaziz Bouteflika pour un 5e mandat a donné lieu à des positions disparates au sein des formations de l’opposition, au moment où les partis de l’Alliance ont exprimé leur satisfaction tout en réitérant leur engagement à mener campagne pour une réélection du chef de l’Etat à la présidentielle du 18 avril prochain.

Par NADIA BELLIL et AZIZ LATRECHE
Du côté des opposants, le Front des forces socialistes (FFS) a critiqué la perspective d’un 5e mandat pour le président Bouteflika, tout en se démarquant de la proposition d’une conférence nationale. Contacté par nos soins, Mohamed Hadj-Djillani, le premier secrétaire du FFS, fait observer que «la candidature du Président n’est pas une surprise pour nous», précisant que «c’est une preuve que le pouvoir ne veut pas de changement, mais plutôt sa pérennité». «C’est pour cela que le FFS appelle à un boycott actif et massif de cette mascarade électorale qui est un scrutin fermé et un coup de force dans le même temps», soutient-il, estimant que «le résultat de l’élection est connu d’avance». Aussi et s’agissant de l’appel du Président à une conférence nationale, il a relevé qu’elle «fait partie de l’agenda du pouvoir qui court derrière ses propres intérêts. Au FFS, nous nous démarquons de cette initiative». De son côté, le Mouvement de la société pour la paix (MSP), réagissant à la lettre du président de la République dans laquelle il annonce sa candidature, Makri fait observer que la proposition de conférence nationale «diffère de l’initiative de consensus national, que ce soit du point de vue de la forme que du fond». «La lettre du Président ne contient pas les idées fondamentales défendues par le MSP dans son initiative de consensus national», note-t-il. Dans la foulée, Makri a fait état de son «accord de principe» à l’initiative présentée par Abdallah Djaballah. «Nous appelons à un dialogue entre les formations de l’opposition pour une possible candidature commune pour la présidentielle», explique Makri. Quant à Talaie El Hourriyet, l’annonce de la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat est qualifiée de décision «irresponsable et susceptible d’enfoncer davantage le pays dans la crise politique, économique et sociale qui le ronge». Pour le parti de Benflis, la candidature du Président est un «coup de force» tenant «le pouvoir politique en place pour responsable en choisissant sa pérennité au détriment des intérêts supérieurs de la nation». S’agissant de la participation ou non à la présidentielle, et selon Ahmed Adimi, responsable de communication du parti, « il revient au comité central qui tranchera la position à la fin du mois en cours». Le Parti des travailleurs (PT), qui maintient son hésitation quant à sa participation au scrutin, a qualifié la date du 18 avril, par la voix de sa secrétaire générale, Louisa Hanoune, de «rendez-vous avec le destin», estimant qu’il ne peut pas s’agir d’une élection. Louisa Hanoune a plaidé, hier, pour l’élection d’une Assemblée constituante, indiquant que même si le parti ne participera pas à la présidentielle, il sera sur le terrain pour défendre ses idées et ses convictions. De l’autre côté, et contrairement aux partis de l’opposition, l’Alliance présidentielle s’est montrée soudée dans son soutien au chef de l’Etat. C’est, en effet, la joie et l’euphorie chez ces partis qui approuvent également la proposition d’une conférence nationale. « Nous sommes le parti qui mènera la campagne la plus forte pour la candidature du Président, tout comme nous sommes la formation qui concrétisera la conférence nationale telle que voulue par notre candidat», note une députée d’Alger, membre de la direction provisoire du FLN. Pour le MPA, il « se retrouve conforté par l’esquisse des réformes annoncées et des chantiers à venir contenus dans sa déclaration de candidature », est-il indiqué dans un communiqué rendu public hier. Dans le même ordre d’idées, le parti « renouvelle son entière disposition à travailler avec ses partenaires de l’Alliance présidentielle et l’ensemble des forces vives, démocratiques et patriotiques, afin de porter et de faire aboutir le programme de Bouteflika ».
Pour sa part, le Rassemblement national démocratique (RND), par la voix de son député Mohamed Guidji, «l’Algérie est dans le besoin pour de telles réformes » de nature à permettre au pays de consolider ses acquis politiques, économiques et sociaux. Dans le même sillage, les partis Tajamoue Amel el Jazaïr (TAJ) et l’Alliance nationale républicaine (ANR) se sont félicités, dimanche, de l’annonce de la candidature de Bouteflika à l’élection présidentielle, se disant prêts à faire réussir cette échéance électorale. Le secrétaire général du Mouvement El Islah, Filali Ghouini, prévoit, pour sa part, la tenue de cette conférence pour aborder et débattre de certaines questions très importantes, telles que « la nature du système politique, la séparation des pouvoirs et l’autonomie de la justice».