L’annonce, dimanche, de la candidature du président Bouteflika à la prochaine présidentielle se veut, à bien des égards, un indicateur de quoi sera fait le prochain mandat s’il est élu. Ainsi, l’idée de conférence nationale, lancée depuis quelque temps par les soutiens du Président, sera le projet phare du futur quinquennat. Selon des informations recueillies auprès des proches de la décision, il consiste en la réunion «de toutes les forces vives» de la Nation «pour engager un débat franc et sans tabou» sur tous les problèmes que vit le pays.
Nos sources expliquent que toutes les questions seront traitées, à commencer par le volet politique. «De profondes réformes politiques sont attendues de cette conférence», estiment nos sources, qui précisent que l’objectif attendues de ces réformes «est l’approfondissement de l’Etat de droit», à travers «l’anéantissement définitif des restes du DRS». «L’Etat civil, promis par Abdelaziz Bouteflika, trouvera toute son harmonie et sa faisabilité dans les réformes attendues», explique une de nos sources, soulignant que «désormais, aucun pouvoir parallèle ne sera toléré». Sur un autre plan, il est aussi attendu d’amorcer un renforcement de l’identité nationale avec la mise en application dans les faits et comme «constante nationale», de la reconnaissance de tamazight comme langue nationale et officielle. Il est aussi prévu, selon nos sources, un renforcement de la place et du rôle de l’opposition sur la scène politique nationale à travers «une meilleure ouverture du champ politique et médiatique». Sur le plan économique, nos sources soulignent que les grandes lignes d’un projet «ambitieux» visant à sortir définitivement de la dépendance aux hydrocarbures sera débattu lors de cette conférence avec, en prime, des encouragements à l’investissement, dont les lois le régissant seront réexaminées. Idem sur le plan social. «Les syndicats auront plus de présence et de liberté d’agir» à travers « un nouveau contrat économique et social débattu avec tous les acteurs sociaux». Interrogées sur la position de l’opposition, nos sources estiment que «nul ne peut refuser un projet pour lequel la majorité de la classe politique est d’accord». Le président Bouteflika, dans sa lettre-bilan de candidature, a indiqué : «Si vous m’honorez de votre confiance précieuse, le mois d’avril prochain, j’inviterai dès cette année toutes les forces politiques, économiques et sociales de la nation à
une conférence nationale consacrée à la concrétisation du consensus sur les réformes et les changements que notre pays devra engager en vue d’aller plus loin dans la construction de son devenir et de permettre à nos concitoyens de continuer à vivre ensemble, de mieux en mieux, dans la paix et la prospérité.»
Le chef de l’Etat ajoutera qu’«outre l’élaboration d’une plateforme politique, économique et sociale, la conférence nationale pourra aussi proposer un enrichissement profond de la Constitution, dans le respect de ses dispositions relatives aux constantes nationales, à l’identité nationale et au caractère démocratique et républicain de l’Etat.
Les propositions que dégagera la conférence nationale me seront soumises pour leur concrétisation par les voies appropriées.»