L’ancien champion du monde de boxe Marvin Hagler, 64 ans, surnommé « Marvelous » à l’époque de sa gloire, veut faire son retour au cinéma, à une condition: « ne pas tourner des scènes d’amour », pour ne pas énerver sa femme.  « J’aime les films d’action et d’aventure, j’en ai fait et j’espère en refaire bientôt », a confié Hagler à l’AFP, lors d’un entretien en marge des Laureus World Sports Awards, à Monaco. Il a été champion du monde des poids moyens de 1980 à 1987 et s’est retiré après une défaite contre son grand rival  Ray Sugar Leonard.

   Le cinéma, Hagler connaît déjà. Mais le dernier film notable dans lequel il ait tourné remonte déjà à 1997: « Virtual Weapon » (Cyberflic), aux côtés de Terence Hill, le spécialiste des western spaghetti. Depuis, « Marvelous » a disparu des écrans et coule une retraite paisible en Italie avec sa deuxième femme, Kay, en commentant des matches de boxe et en participant à des oeuvres de bienfaisance. « J’aime le cinéma parce que ce n’est pas la réalité, tout est faux, imaginaire. Je peux mourir un jour et revenir le lendemain, ça me fait délirer.  C’est un jeu, on peut disparaître  totalement et devenir un autre personnage.  Il faut le vivre à fond, jour et nuit, comme quand je boxais », sourit Hagler.

    Fan de Golovkin

      Hagler a pris sa retraite avec un palmarès de 62 victoires dont 52 avant la limite, 2 nuls et 3 défaites. Avec la multiplication des organisations professionnelles de boxe (10 en tout, dont les plus connues sont la WBA, la WBC, et l’IBF), Hagler ne comprend pas comment il peut y avoir autant de titres mondiaux actuellement: « Il y en a tellement, c’est comme si on jetait des bonbons aux boxeurs », sourit-il.   « A mon époque, ce n’était pas aussi facile. Et je disais souvent: il va falloir me tuer pour me prendre ma ceinture », se souvient-il. Son boxeur préféré aujourd’hui n’est autre que son successeur chez les moyens, le Kazakh Gennady Golovkin (40 combats, 38 victoires, 1 nul, 1 défaite), champion unifié de 2016 à 2018.

   « J’ai rencontré ‘Triple G’ (le surnom de Golovkin) et je lui ai dit que j’étais heureux qu’il soit champion (chez les moyens) car cela redonne du crédit à ma catégorie. Il est là pour durer. Alors que la plupart des champions aujourd’hui, ils vont et ils viennent. C’est troublant pour le public, qui ne sait plus qui est le vrai champion, Mike Tyson ou un autre », plaisante Hagler.  Hagler, membre de l’Académie Laureus, s’implique beaucoup avec cette  Fondation pour venir en aide aux jeunes en difficulté: « J’aime leur donner de  l’espoir, des conseils, et mettre un sourire sur leur visage », résume Marvelous.    « Je suis allé au Brésil avant les Jeux Olympiques pour voir des petits gars qui avaient pris de mauvaises habitudes. Ma femme m’a dit: ‘Marvin, mais qu’est-ce que tu fais ?’. Mais l’entraîneur d’une salle de boxe m’a encouragé: il faut leur rentrer dedans quand ils sont encore jeunes. C’était excitant et ils ont bien réagi ».