Un autre round de négociations est entamé entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats autonomes, membres de l’Intersyndicale du secteur. Après avoir reçu les préavis de grève des syndicats pour les 26 et 27 février, la ministre de tutelle, Mme Nouria Benghebrit, s’est empressée de programmer des réunions bilatérales à l’effet d’étudier la plateforme de revendications.
Ces réunions ont débuté hier dans l’après-midi et devront s’étaler jusqu’à demain jeudi 21 février, a indiqué un communiqué du cabinet du ministère. Il s’agit de réunions «bilatérales» avec les syndicats signataires des préavis de grève, à savoir l’Unpef, le Cnapeste, le Snapeste, le Cela, le Satef et le Snte. Le 14 février dernier, l’Intersyndicale, réunie au siège de l’Unpef, avait, sans surprise, annoncé une grève nationale de deux jours les 26 et 27 du mois en cours, suivie par des sit-in régionaux devant les directions de l’éducation dans les wilayas de Blida, Laghouat, Relizane et Batna. Les membres de ce collectif justifient le recours à l’escalade après la grève du 21 janvier par le mutisme de la tutelle quant à leurs revendications.
De son côté, Mme Nouria Benghebrit a, à maintes fois, expliqué que certaines de ces doléances ne relevaient pas de ses prérogatives. «La nature de la demande syndicale a changé. Ils (syndicats) évoquent la loi sur la retraite, l’augmentation des salaires et la hausse du niveau de vie, qui ne relèvent pas de la compétence du ministère de l’Education nationale», a-t-elle fait savoir, cette semaine, dans un entretien accordé à nos confrères de L’Expression. La ministre estime à ce propos que «l’essentiel des revendications salariales a été acquis entre 2011 et 2012». Et d’ajouter que la gestion informatisée des carrières «a considérablement réduit les injustices». De ce fait, a soutenu la ministre, certaines revendications socioprofessionnelles n’auront plus, à terme, leur raison d’être.
C’est dire qu’entre les deux parties, c’est un dialogue de sourds qui s’éternise. Organiser des réunions pour qu’à la fin chacun y aille de son chemin et déclarer la guerre à l’autre semble être au cœur de la relation Benghebrit-syndicats. Contacté hier, Boualem Amoura, secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation (Satef), n’a pas ménagé la ministre. «Il faut que le ministère de l’Education mette fin à la gestion opaque des problèmes et opte plutôt pour un dialogue sérieux, constructif et fructueux», nous a-t-il déclaré, appelant la première responsable du secteur à être «l’avocate des travailleurs», comme elle l’avait déclaré un jour, et «apporter les réponses du gouvernement à nos demandes». A l’issue de cette série de réunions, soit jeudi, «on saura si le ministère a la volonté de prendre en charge les problèmes posés». D’ici là, c’est le suspense.
Les six syndicats avaient, rappelons-le, affiché leur détermination à aller jusqu’au bout, dénonçant «le manque de volonté» du ministère à traiter les dossiers en instance». Il s’agit surtout, entre autres, de l’ouverture du dossier de révision du statut particulier, de l’application du décret présidentiel 266-14 concernant la valorisation des diplômes de DEA et de licence pour les enseignants du primaire, du respect des libertés syndicales, de l’abrogation de l’article 87 bis, de la remise des P-V après chaque réunion nationale ou locale et du maintien de la retraite proportionnelle et sans condition d’âge.
A signaler que juste après la décision de l’Intersyndicale de recourir à l’escalade, le ministère a mis en place un plan pour faire face à la paralysie des écoles. Dans des instructions internes adressées aux directions de l’Education, Mme Benghebrit a insisté sur la poursuite de l’encadrement pédagogique des élèves. Les directeurs des établissements scolaires ont été sommés de ne pas laisser les élèves sortir des classes au moment de la grève. Ces derniers pourront alors assister aux cours qui seront dispensés par des enseignants non grévistes, voire même par les directeurs. Le ministère a aussi demandé à ce que les élèves de la même année soient mis dans une seule classe pour compenser l’absence des enseignants grévistes.