L’initiative de Djaballah visant à désigner un candidat unique de l’opposition bat de l’aile. Aux signes de désapprobation déjà exprimés par des partis politiques (FFS-RCD-PT) vient s’ajouter la défection du candidat  Ali Ghediri, pourtant partie prenante de l’initiative. Quant à la présence aujourd’hui de Makri, également candidat du MSP à la magistrature suprême, au rendez-vous du FJD, l’incertitude demeure.

Par Nazim Brahimi et Aziz Latrache
Le sommet des formations de l’opposition, appelées à se réunir aujourd’hui en vue d’une seule candidature qui ferait front contre celle du pouvoir, risque de tourner au flop si l’on tient compte des acteurs politiques qui n’y prennent pas part.
Lancée par le Front de la justice et du développement (FJD), l’initiative n’a pas suscité l’adhésion ni l’intérêt des partis comme le RCD, le FFS et le PT. La formation de Mohcine Belabbas, qui a opté pour le «rejet» du scrutin d’avril prochain, n’a pas caché son opposition à l’offre du FJD qu’il a ouvertement attaquée. Même son de cloche chez le PT qui voit d’un mauvais œil le déploiement de certains partis et personnalités politiques autour du projet de candidature unique de l’opposition. «Ce type de démarche dans des périodes de crise, comme celle que traverse notre pays, est très dangereux», a estimé Mme Hanoune, qui voit mal «un des candidats se désister en faveur d’un autre». Le FFS, pour sa part, a préféré boycotter l’échéance tout en annonçant, dans une résolution de son conseil national, qu’il «ne soutiendra aucun candidat dont la participation ne servirait qu’à donner une façade faussement démocratique à un scrutin fermé d’avance au profit du candidat du régime». Plus que les défections de partis politiques, l’offre politique de Djaballah perd désormais un de ses partisans, le candidat indépendant Ali Ghediri, qui a eu pourtant une rencontre bilatérale «plutôt positive» avec Djaballah, le leader du FJD, qui était, pour rappel, candidat dans l’élection présidentielle de 1999. Marquant désormais ses distances avec l’initiative, le général-major à la retraite a annoncé, hier, par la voix de son directeur de campagne, Mokrane Aït Larbi, qu’il n’ira pas à la rencontre d’aujourd’hui. Cette défection semble avoir contrarié les calculs du FJD, qui ne perd pas espoir de voir M. Ghediri changer d’avis et prendre part à ce rassemblement qui verra la participation d’une vingtaine d’acteurs entre chefs de partis et personnalités politiques.
Pour le chef charismatique du FJD, le candidat Ali Ghediri «est toujours concerné par la réunion que nous préparons». L’ancien officier entendra-t-il l’appel du leader islamiste ? La question restera vraisemblablement posée jusqu’au déroulement des travaux de la rencontre dont le coup d’envoi est prévu à 14h. La présence de Makri, président du MSP et candidat à la l’élection présidentielle, reste, elle aussi, incertaine, en dépit des assurances qu’affichent les dirigeants du FJD à ce propos. Le MSP prévoit en effet, le jour même du conclave du FJD, une conférence dédiée à l’annonce du programme électoral de son candidat Abderezzak Makri, intitulé «Le rêve algérien».
A l’évidence, l’absence de Makri – en plus de celle de Ghediri – à cette rencontre signerait l’échec de l’initiative du FJD, qui ne s’expliquerait pas uniquement par la lutte de leadership entre les personnalités politiques.
Car, l’initiative, si elle a emballé au moins une partie des acteurs politiques, n’a pas manqué de légèreté dans le sens où elle n’a été lancée qu’à quelques mois de l’élection présidentielle. D’où vraisemblablement, cette difficulté à s’entendre sur les objectifs d’une telle initiative. C’est ce que traduit l’ancien chef de gouvernement, Ahmed Benbitour, pour qui la rencontre devrait être «une occasion pour débattre et échanger sur les voies pour aboutir à des propositions communes, et non une démarche pour soutenir un candidat unique de l’opposition».
Sur le but cherché par le FJD, à savoir la désignation d’une candidature commune des partis de l’opposition, M. Benbitour n’y croit pas.
Pour lui, «désigner une candidature unique de l’opposition relève quasiment de l’impossible», relevant que «c’est déjà trop tard…».<