L’initiative pour désigner un candidat unique de l’opposition à la présidentielle du 18 avril prochain risque bien de ne pas aboutir. Aux arguments de désintérêt déjà exprimés par certains partis politiques vient s’ajouter le retrait de Ali Ghediri. Le général à la retraite, candidat déclaré au scrutin, avait pourtant exprimé, au départ, un semblant d’intérêt pour cette initiative. Abderezak Makri, sans l’exprimer directement, semble, lui, préférer regarder ailleurs.
Le candidat du MSP à cette présidentielle semble occupé à peaufiner son programme électoral intitulé «le rêve algérien». Le rêve de Makri semble de plus en plus évident : celui de représenter son mouvement pour des élections qui ne s’arrêteront pas le lendemain du 18 avril. Le sommet des «formations de l’opposition», pour se mettre d’accord sur une seule candidature qui ferait front contre le pouvoir, risque ainsi d’être littéralement mort-né. L’initiative semble trop empreinte de manœuvres dissimulées et d’agissements perfides pour pouvoir réussir. Initiée par le Front de la justice et du développement, elle n’a pas suscité l’adhésion ni l’intérêt qu’il faudrait à ce niveau de la compétition politique. Il y a comme des non-dits de la part de beaucoup d’acteurs. Ce qui fera dire à Louisa Hanoune que ce type de démarche en période de crise, comme celle que traverse notre pays, «est très dangereux». La cheffe du PT, en connaisseuse du système politique algérien, ne se fait pas d’illusion. L’initiative n’avait pas les ingrédients requis pour aboutir. A l’évidence, l’absence de Makri, en plus de celle actée de Ghediri, à cette rencontre signerait l’échec patent de l’initiative. La lutte sourde de leadership entre les personnalités politiques aux agendas distincts a comme accéléré le désaccord. L’initiative aura à l’origine péché par un flagrant manque d’entrain.
Mais pas uniquement. Lancée à seulement quelques mois à peine de l’élection présidentielle, elle avait toutes les chances d’être bancale.