Président de l’Association locale des producteurs de céréales et de semences, Saïd Mahnane, un des premiers ingénieurs issus de l’université algérienne, a accepté de répondre à nos questions sur la production céréalière en Algérie. Pour lui, l’amélioration du rendement et la qualité de la production représentent un véritable enjeu pour cette association qui comporte une trentaine de céréaliculteurs. Ce dernier, qui fait aussi partie du réseau Réquablé Sétif et l’association Trait d’union, nous a livré sa vision de la pratique de la céréaliculture.

Reporters : Pouvez-vous nous présenter votre association ?
Saïd Mahnane : L’Association des producteurs de céréale et de semences a été agréée le 25 février 2015. Elle comporte 31 céréaliculteurs de la région de Sétif qui exercent la céréaliculture depuis des années. Cette association à caractère scientifique se veut un espace de concertation et de réflexion pour aider les agriculteurs à réduire leurs charges. Notre association est toujours prête à coopérer avec des institutions publiques comme les universités et centres de recherche, mais aussi avec les entreprises du monde socio-économique.

Quels sont vos objectifs principaux ?

L’objectif principal de cette association est de participer à l’amélioration du rendement de la production. Notre souci majeur est d’améliorer les rendements par des pratiques agricoles adaptées et en même temps respectueuses de l’environnement. Aussi, nous cherchons à arriver à l’adaptation de nouvelles techniques et d’introduire les technologies de l’information et de la communication. Pour réaliser ces objectifs, nous avons lancé depuis quelques années une coopération avec des chercheurs de l’université de Batna pour développer de nouvelles techniques permettant l’amélioration du rendement et la qualité de production. Ainsi, nous avons avancé dans la question de la fertilisation avec ces chercheurs. C’est l’aspect que nous avons développé dans le cadre de cette coopération qui vise l’amélioration de la production et par la suite l’amélioration des revenus de l’agriculteur. Le but aussi est de réduire les charges et utiliser rationnellement les intrants.
Votre coopération avec des enseignants-chercheurs a-t-elle donné ses fruits ?
Avec les chercheurs de Batna 1, nous avons pu réaliser quelques résultats. Nous sommes arrivés à travers un projet de recherche dans le cadre des programmes nationaux de recherche (PNR) de travailler sur l’azote. Nous sommes arrivés à déterminer la dose totale d’azote au niveau des céréales de notre zone. Nous travaillons aussi sur le reliquat sortie hiver. Nous avons travaillé aussi sur le phosphore, maintenant, nous attendons les résultats qui seront connus après la soutenance de la chercheure. Aussi, nous avons obtenu des résultats très encourageants dans le cadre du réseau Réquablé Sétif qui compte 80 adhérents. Des résultats obtenus dans l’accroissement des rendements et l’amélioration de la qualité dans le blé dur. Ainsi, les rendements sont passées de 8 et 10 quintaux par hectare en 2011 jusqu’à 32 quintaux par hectare en 2018. Pour la qualité, nous sommes passés de 10% de taux de protéine à plus de 14% de taux de protéine.

Quelles sont les perspectives de cette association afin d’arriver à réduire les charges des céréaliculteurs ?

Nous continuons, tout d’abord, à améliorer la relation entre les agriculteurs eux-mêmes. Nous essayons dans un deuxième temps de renforcer les liens avec les universités et centres de recherche. Aussi, nous allons tisser des liens avec le monde socio-économique. Nous ne demandons pas un soutien financier, mais juste des facilités pour pouvoir exercer notre activité. Par exemple, nous voulons que l’Etat nous donne de l’engrais en quantité suffisante pour nous permettre d’améliorer le rendement de notre production. Egalement, il peut nous attribuer des semences de bonne qualité et des engins sophistiqués pour nous faciliter la tâche.