Installé par la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit en octobre 2017, le Conseil national des programmes (CNP) s’est réuni, hier à Alger, en session ordinaire. Cette première rencontre avec la première responsable du secteur en présence des ministres des Affaires religieuses et de l’Enseignement supérieur a permis de tracer les objectifs majeurs de cet organe et de rappeler aussi la nécessité d’aller vers une profonde refonte des programmes éducatifs.

Par Wafia Sifouane
« La phase que traverse notre système éducatif est celle de plusieurs transitions (énergétiques, écologiques, démographiques) mais surtout technologiques… Ce système est adossé à cette vague de fond que traverse l’humanité actuellement, celle de la numérisation », a indiqué la ministre à l’ouverture de la rencontre.
« En tant que Conseil national des programmes, vous êtes appelés à réaliser les instruments de la mise en œuvre de ce cadre stratégique. Ces instruments, dont certains ont déjà été réalisés par vous, sont les référentiels nationaux des apprentissages, des évaluations, de la formation et de la gouvernance Marwatt », a-t-elle ajouté. Le CNP est « appelé aujourd’hui à continuer ses efforts afin d’élaborer un système national de standardisation pédagogique centré sur les composantes cognitives des compétences des élèves », a-t-elle préconisé. Nouria Benghebrit, souvent confrontée aux critiques et aux attaques, a souligné qu’« il ne s’agit pas d’une révision des programmes, mais d’une amélioration continue et permanente ». Pour elle, il est question aussi de mieux répartir les compétences à acquérir sur tout le cursus scolaire ; ce qui donnera lieu à un allègement longtemps réclamé aussi bien par les élèves que par les parents. En d’autres termes, il s’agira de faire « un travail de régulation sur les contenus d’apprentissage et un travail de réajustement des niveaux de compétences », a-t-elle expliqué.
En réponse aux polémiques relatives au contenu des manuels scolaires, accusant la ministre de vouloir porter atteinte « aux fondements de la société », Mohamed Aïssa, ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, a indiqué que l’on « ne peut algérianiser ni le Coran ni l’islam » et que l’Algérie défend un Islam modéré.
Le ministre, qui a insisté sur l’étroite collaboration de son département avec celui de l’Education nationale, s’est félicité du travail accompli dans les manuels de sciences islamiques adressés aux élèves des cycles primaire et moyen, en indiquant que ceux du cycle secondaire feront prochainement l’objet de révision. « Nous devons apprendre à nos enfants à ouvrir les yeux sur l’avenir mais aussi à être fiers de nos oulémas qui ont tant donné pour un lecture modérée de notre religion », a-t-il dit, en insistant sur le respect du référent religieux national. De son côté, Tahar Hadjar, ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, tout en saluant son étroite collaboration avec le ministère de l’Education nationale, a indiqué que le comité pédagogique des conseils des enseignants du supérieur « s’attèle à l’amélioration de la qualité de l’enseignement au sein des Ecoles Normales Supérieures (ENS) à travers la révision du nombre des étudiants, leurs moyennes d’admission tout en veillant sur l’actualisation des programmes ». Sur ce point, M. Hadjar a fait savoir que son département est dans l’attente aujourd’hui d’un cahier des charges qui devrait être délivré par le ministère de l’Education nationale pour la révision des programmes des ENS.<