Belaïd Abdelaziz, président du parti Front El Moustaqbel, qui était l’hôte du forum du quotidien Liberté, a indiqué que son parti a revu sa position par rapport à la présidentielle à la lumière des manifestations de vendredi dernier.
«On a voulu revoir notre position par rapport à l’élection présidentielle compte tenu des pressions que subissent nos militants et cadres, mais l’espoir nous est venu de ce vendredi, après les importantes marches et protestations», a-t-il expliqué dès l’entame de son allocution. Avant d’enchaîner : « Nous nous sommes réunis le soir du vendredi et nous avons pris la décision de participer à cette élection. Nous avons décidé de respecter ce qu’a revendiqué le peuple, vendredi, lors de ces manifestations. On sera aux côtés des jeunes et on veut un véritable changement et une transition pacifique.» «Nous ouvrons la porte du dialogue à l’ensemble des courants politiques pour une transition dans la sérénité», a-t-il déclaré. Evoquant les pressions subies par les cadres de son parti, Belaïd a souligné que son parti s’est préparé «sur le terrain.
On a rassemblé les signatures à travers le pays, mais nous avons été surpris par les pressions et le chantage qu’ont exercé certains walis dans certaines wilayas, à l’égard de nos militants et nos élus et qui leur ont demandé de signer en faveur du candidat du pouvoir à la présidentielle». «Mais nos élus leur ont dit qu’on a déjà signé pour notre candidat», a-t-il expliqué, avant de faire observer que «les sièges des institutions de l’Etat y compris dans les structures économiques sont devenues des comités de soutien pour le candidat du pouvoir». «Les gens croient que nous sommes des gens à l’aise. Non, on souffre, nous subissons des pressions et nous nous mobilisons avec nos moyens personnels.» A propos de la crédibilité des élections, l’hôte de Liberté a estimé que «l’élection est réellement verrouillée». «Malheureusement, ils ont utilisé la ruse en matière de surveillance des élections, en mettant sur place une commission nationale, dite indépendante, mais désignée qui n’a pas de prérogatives », lance-t-il. Ajoutant qu’«il est impossible d’avoir des élections transparentes s’il n’y a pas de commission véritablement indépendante».
Dans le même ordre d’idées, il fera remarquer qu’«il y a des gens qui reprochent aux partis de ne pas surveiller les élections. Nous avons surveillé les élections, mais le problème est que les P-V ont été falsifiés et changés la nuit». Avant de souligner que «vous allez à la justice pour protester mais cette institution n’est pas indépendante, ajouté à cela le fait qu’il y a à sa tête un ministre de l’alliance présidentielle». Questionné sur sa position par rapport aux appels pour le retrait de la candidature du président Bouteflika, Belaïd soutient que «c’est la Constitution qui lui permet de se porter candidat. Et je dis toujours qu’il faut revenir à la Constitution, mais il appartient au Conseil constitutionnel de valider ou non sa candidature».
Sollicité à propos du maintien de sa candidature
en dépit de l’absence de transparence électorale, Belaïd a lancé : «Si on voit qu’il n’y aura pas de transparence, à quoi bon aller aux élections ? Mais nous avons espoir que les choses se passent dans de bonnes conditions.» Questionné en outre à propos de l’institution militaire, il souhaite qu’elle se tienne le plus loin possible de la scène politique nationale.<

L’accueil enthousiaste de Tizi Ouzou à Rachid Nekkaz

De Tizi Ouzou, Houssem A. M.
A Tizi Ouzou, où il est venu dans la matinée d’hier pour recueillir les signatures de parrainage à sa candidature, le candidat à la candidature à l’élection présidentielle d’avril prochain, Rachid Nekkaz, a fait sensation. Un accueil triomphal lui a été réservé par la foule de jeunes et de moins jeunes qui s’étaient rassemblés dès le milieu de la matinée. A peine a-t-il entamé une marche à travers l’artère principale, mitoyenne de l’ex-Hôtel de ville, que Nekkaz a été littéralement happé par une foule enthousiaste. Des jeunes, certainement des membres de sa permanence locale, l’ont porté sur leurs épaules jusqu’au siège de l’ancienne mairie, où Rachid Nekkaz a salué le public à partir d’une terrasse du premier étage de l’édifice. Portant autour du cou deux emblèmes, aux couleurs des drapeaux national et amazighe, Nekkaz n’a pas manqué de s’adonner à son hobby habituel, filmer la scène sur son mobile. Des images de la mobilisation autour de sa personne qu’il répercutera sur sa page Facebook et qui serviront de matière pour sa campagne électorale virtuelle. Un procédé qui, visiblement, lui réussit et qu’il réédite à chacune de ses sorties à travers le territoire national. «Ya Rachid ma ranach mlah» (Rachid nous ne sommes pas bien), «Rachid Président», scandaient inlassablement les jeunes, provoquant des scènes de liesse de campagne électorale avant que celle-ci ne démarre. Avant de prendre congé de ses hôtes, Nekkaz a invité ces derniers à se rendre à l’APC pour la légalisation des formulaires de parrainage à sa candidature.
Il se rendra, ensuite, à Azzazga, à une vingtaine de kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, pour rencontrer la population et solliciter des parrainages pour sa candidature.