Plusieurs centaines de personnes ont répondu, hier, favorablement à l’appel du mouvement Mouwatana. Prévue à la Place Audin, à Alger-Centre, la manifestation de Mouwatana a drainé ainsi une foule nombreuse, malgré la forte présence policière qui a quadrillé la place depuis la matinée.

Sur place, Zoubida Assoul, membre de Mouwatana, venue la première, a pu rassembler autour d’elle une cinquantaine de personnes. Mais c’était sans compter sur la prompte intervention de la police qui a dispersé la foule à l’aide de gaz lacrymogènes. Mais à peine la première tentative avortée, Soufiane Djilali, coordinateur national de Mouwatana et président de Jil Jadid, arrive sur les lieux à la tête d’un groupe beaucoup plus nombreux. Empêché de marcher, le groupe de manifestants improvise un sit-in sur la rue Didouche, ce qui a permis des centaines d’autres citoyens de rejoindre la foule et scander à gorges déployées des slogans contre le régime en place et contre une nouvelle candidature pour Abdelaziz Bouteflika. Après plus d’une heure de sit-in, dans le calme, la police procède à des interpellations parmi les « meneurs » qu’elle ciblait depuis le début de l’action dans le but de faire caboter l’action. Ils étaient, en effet, une centaine à être embarquée, parfois de force dans les fourgons cellulaires stationnés non loin du lieu du rassemblement. Zoubida Assoul, Mustapha Bouchachi n’ont pas été épargnés. Hommes et femmes ont été interpellés à l’occasion, dans l’espoir de mettre fin à l’action qui durait déjà depuis plus de deux heures. Face au gaz lacrymogènes qui arrosaient la foule compact, les manifestants n’ont pas fléchi et ont pu poursuivre l’action jusqu’à 15 h, sans pour autant verser dans la violence. Aux côtés des animateurs de Mouwatana et les militants de Jil Jadid, qui sont venus en force au rassemblement, plusieurs citoyens issus de divers horizons ont pris part à l’action qu’ils ont qualifiée « de manifestations de défense de la dignité des Algériens ». Artistes, étudiants, avocats, journalistes, enseignants universitaires, figures du combat démocratique et autres ont pris part à la manifestation dont d’aucuns considèrent qu’elle « est l’œuvre des citoyens exacerbés par la situation du pays ». Sous les cris de « Djazaïr houra démokratia », la manifestation s’est poursuivie jusqu’à 16 h, et ce, malgré les multiples tentatives de la police de disperser la foule. La forte présence des jeunes, filles et garçons, aux côtés des militants habitués à ce genre d’action a permis aux animateurs de Mouwatana de tenir plus longtemps que prévu. Le seul groupe qui a pu tenir jusqu’à près de 16 h a été obligé de quitter les lieux. Avant la fin de la marche, des jeunes ont nettoyé la Place Audin et la rue Didouche Mourad. Ces mêmes jeunes ont donné rendez-vous pour les jours à venir pour une autre action. n