Un total de 768 signalements de cas d’atteinte aux droits de l’enfant a été enregistré en 2018, via le numéro 11 11, et 100 autres signalements depuis le début de l’année en cours, a indiqué la déléguée nationale à la protection de l’enfance, Meriem Chorfi. La responsable, qui a fait état d’une d’exploitation des enfants à hauteur (Onppe) de 0,5 %, a relevé la poursuite des efforts des autorités pour venir à bout de la question de l’exploitation économique des enfants.

Et si la même responsable s’est félicitée des acquis législatifs et juridiques réalisés par l’Algérie au profit de l’enfant, il n’en demeure pas moins que « faute de textes d’application », la lutte contre le phénomène peine à concrétiser les objectifs escomptés. Car, à l’évidence, un arsenal juridique encadrant la question cruciale de la protection de l’enfance, « s’il a été revu et renforcé dernièrement, son impact reste cependant tributaire des textes d’application, qui donneront certainement du corps à la lutte contre la maltraitance et l’exploitation des enfants », estiment des psychologues.
S’agissant des appels enregistrés, il y a lieu de noter qu’ils ont été directement transférés aux services relevant du ministère de la Solidarité nationale, ou au juge des mineurs chargé de la protection de l’enfance, indique-t-on au niveau de l’Onppe, qui œuvre à la mise en œuvre d’une plate-forme d’informations en lien avec la protection de l’enfance. «Nous visons la promotion de l’Onppe en référent national en matière des droits des enfants, à travers la mise au point d’une plateforme de données ou banque d’informations sur la situation de l’enfance en Algérie comme stipulé par la loi sur l’enfance », a relevé jeudi dernier la déléguée nationale de l’Onppe, Meriem Cherfi.
L’Onppe s’attelle à la préparation de son rapport annuel sur la situation des droits de l’enfant qui sera appuyé par des recommandations nécessaires et soumis au président de la République avant la fin de l’année en cours, affirmant qu’il a été procédé à la mise en place de mécanismes de protection de l’enfance en danger et d’un système national informatisé sur la situation de l’enfance. Les acteurs de la société civile, inquiets de l’ampleur prise par le phénomène, mettent sans cesse en évidence, « l’importance de la sensibilisation des enfants aux dangers qui les guettent dans la rue afin de préserver leurs équilibre et stabilité psychologiques ». Pour faire avancer la lutte contre la violence et la maltraitance des enfants, le réseau Nada compte renforcer ses capacités d’interventions, notamment sa ressource humaine. « Parmi les priorités tracées pour cette nouvelle année, le renforcement de notre réseau, qui est actuellement à 150 associations. Nous sommes en train de former des professionnels sur la culture de droit de l’enfant. Ensuite, nous comptons travailler sur quelques sujets comme la mendicité des enfants, les enfants SDF, l’exploitation économique des enfants dans le marché informel », promet Abderrahmane Arar, du réseau Nada. Ce dernier estime, s’agissant justement de la protection de l’enfance, qu’il y a « une lourdeur dans la procédure judiciaire, c’est-à-dire celle qui touche la protection des enfants », ajoutant que « l’enfant ne peut pas attendre trois ans ». D’où la nécessité d’apporter « des réponses immédiates » à ce phénomène dans le sens où il y va de la stabilité et de la cohésion de la société.n