Au moins deux militaires et un civil malien ont été blessés dimanche dans une attaque-suicide impliquant deux véhicules contre un camp militaire où sont stationnés des instructeurs européens aux environs de Bamako, a-t-on appris de sources concordantes. Trois assaillants ont péri dans cette attaque visant le camp de Koulikoro, à 57 km au nord-est de Bamako, qui abrite une base militaire malienne, la Mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM) et les écoles maliennes de formation des sous-officiers et des officiers, ont indiqué à l’AFP des militaires maliens en poste sur place. «Un nombre indéterminé» de djihadistes présumés à bord de deux véhicules piégés ont d’abord ouvert le feu» sur un poste de contrôle à l’extérieur de la ville avant de se faire exploser à l’entrée du centre d’instruction militaire, a indiqué dans un communiqué le gouverneur de la région de Koulikoro. Le communiqué fait état d’un bilan provisoire d’»un civil gravement blessé, deux militaires légèrement blessés et deux corps non encore identifiés sur les lieux». Le civil est «entre la vie et la mort», a indiqué à l’AFP un responsable de la mairie de Koulikoro.
Un militaire malien en poste à Koulikoro a précisé à l’AFP qu’à leur arrivée, les assaillants «avaient mitraillé le poste d’entrée, blessant notamment deux sentinelles».
«Il y a eu ensuite rapidement un véhicule piégé dont les trois occupants sont morts déchiquetés. Un autre véhicule des terroristes a brûlé», selon la même source. L’EUTM a confirmé l’attaque sur Twitter, soulignant qu’elle avait été repoussée et qu’aucun de ses membres n’avait été blessé, contrairement aux militaires maliens. Selon une source militaire étrangère sur place, l’attaque a également «causé beaucoup de dégâts» matériels. «De nombreuses portes et vitres ont volé en éclats. Des infrastructures du camp ont été détruites». Lancée en février 2013, dans la foulée de l’opération militaire à l’initiative de la France pour chasser les djihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du Mali, l’EUTM, qui compte quelque 600 membres, réunit des militaires européens de 25 pays. Le 21 mars 2016, une attaque jihadiste contre l’hôtel Nord-Sud de Bamako, abritant l’EUTM dans la capitale malienne, avait été repoussée et s’était soldée par la mort d’un assaillant.